Décivilisation : quand l’État aggrave le mal - Par Éric Delbecque
Dans le processus de décivilisation se mêlent capitalisme sauvage, société d’hyperconsommation, égoïsme narcissique et culture victimaire.
La décivilisation n'a rien d'un fantasme ou d'une marotte d'extrême ou d'ultradroite. C'est une évolution préoccupante de notre société paradoxale où se mêlent capitalisme sauvage, société d'hyperconsommation, égoïsme narcissique, société du spectacle, culture victimaire et puissance croissante des radicalités. Je n'avais pas terminé d'explorer ce vaste sujet dans ma précédente tribune : je m'y recolle donc cette semaine afin d'approfondir une dimension du phénomène que l'on met rarement en avant.Je ne reviens pas sur le constat de base : le niveau de violence monte dans la société, une brutalisation des rapports interindividuels s'observe aisément dans notre vie quotidienne. Notons d'ailleurs au passage que le terme de « brutalisation » nous vient de l'historien George L. Mosse qui avait mis en lumière la diffusion, après la Grande Guerre, d'un état d'esprit perpétuant des postures agressives dans la politique et la société de l'entre-deux-guerres.
