Face à l’immigration algérienne, la reculade du gouvernement - Par François d'Orcival

Bénéficiant d’une clause exorbitante du droit commun, les ressortissants algériens ne sont pas soumis au même régime que ceux issus d’autres pays.


«On ne fait pas de politique autrement que sur des réalités». De cette formule du général de Gaulle, Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, tire la philosophie de son projet de loi sur l’immigration qu’il doit présenter avec le ministre du Travail, Olivier Dussopt. Cette immigration, il la juge «trop familiale, insuffisamment professionnelle, trop subie, insuffisamment qualifiée ou choisie»…

À ceci près que son projet évite soigneusement de traiter de l’immigration algérienne. Mais pourquoi? Jacqueline Eustache-Brinio, sénatrice LR du Val d’Oise, le lui avait demandé quand il présentait son projet en commission au Sénat, le 28 février dernier. «On s’est beaucoup penché sur la question, avait-il répondu. Nous aurions plus à perdre qu’à gagner. Il ne m’appartient pas d’en juger.»

Le seul à traiter vraiment de la question avec l’autorité nécessaire est notre ancien ambassadeur à Alger (de 2008 à 2012 puis de 2017 à 2020), Xavier Driencourt. Celui-ci y consacre une étude publiée par la Fondation pour l’innovation politique. «En France, écrit-il, les Algériens représentent la plus importante communauté étrangère. En 2021, selon l’Insee, 887.100 ressortissants algériens vivaient sur le territoire français.»