Transports, logement… La contrainte écolo passe de plus en plus mal - Par Nicolas Bouzou
Au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, les interdits se multiplient. Dans des millions de foyers, la révolte monte à bas bruit.
Attention à la fronde anti-écologique ! Nos médias audiovisuels regorgent de Savonarole verts, certains sont des ingénieurs respectables, d’autres des activistes qui disparaîtront au moindre coup de vent. Ils ont en commun de nous promettre mille punitions pour nous faire expier nos comportements coupables. Ce que les médias ne voient pas, c’est que commence à se cristalliser, sous les radars, l’hostilité d’une frange de la population qui n’habite pas Paris intra-muros et qui commence à comprendre que la multiplication de ces mesures contraignantes lui rend la vie impossible. Chacune de ces dispositions trouve une justification, mais c’est leur nombre et leur impact concret à court terme qui risque de révolter une partie de nos concitoyens. Danger !
Le premier domaine dans lequel ces contraintes se multiplient est celui des transports, et de la voiture en particulier. D’ici à 2025, c’est-à-dire demain, les agglomérations de plus de 150 000 habitants - il y en a une quarantaine de France - deviendront des Zones à faibles émissions dans lesquelles les véhicules polluants ne pourront plus circuler. Les Crit’Air 3, 4 et 5 y seront interdits. Certaines villes comme Lyon prévoient même d’interdire les Crit’Air 2 à partir de 2026. A Paris, la municipalité prévoit de restreindre la circulation d’une des voies du périphérique après les Jeux olympiques de 2024 pour la réserver aux véhicules partagés. Cette mesure est à la fois égoïste et antisociale. Elle est égoïste car elle se fait sans concertation avec les villes de banlieue, ce qui est un non-sens intellectuel. Elle est antisociale car de nombreuses personnes qui empruntent le périphérique sont des banlieusards, employés, qui ne vivent pas à côté d’une station de RER et n’ont pas les moyens de se loger à Paris. Maintenir sous l’eau la tête de ceux qui bossent pour des salaires modestes ne correspond pas à l’idée que l’on peut se faire d’une juste politique de gauche. A partir de 2035, les ventes de véhicules à moteurs thermiques seront interdites dans l’Union européenne. Seules les voitures à carburant de synthèse pourront peut-être échapper à cette prohibition.
