« Quatre vols dans une vie » :
quand l’écologie nous coupe les ailes...
Lorsque Jean-Marc Jancovici propose de limiter le nombre de vols en avion par adulte, le désir pathologique d’asservir ses semblables prend le dessus sur l’impératif écologique.
Par Ferghane Azihari
Quatre ou cinq vols en avion par adulte au maximum au cours d'une vie : telle est la proposition de
Jean-Marc Jancovici réitérée lors d'un entretien sur
France Inter. Dans sa grande bonté, l'ingénieur promet toutefois d'épargner la jeunesse en lui laissant deux vols pour « découvrir le monde » tandis que les vieux seraient sommés d'aller en vacances « en Corrèze » ou toute autre destination accessible en train.
Entre les atteintes à la libre circulation et les discriminations en fonction de l'âge, Jean-Marc Jancovici semble pressé de renverser tous les principes qui fondent nos régimes constitutionnels. Sans doute faut-il mettre cet empressement sur sa détestation viscérale de cette modernité qui « a un problème fondamental de rapport à la limite », pour reprendre les mots qu'il employait lors d'un entretien auprès de la Société française d'énergie nucléaire en 2016, où il confessait son opposition à la quête d'une énergie illimitée.
«Limiter à quatre le nombre de vols dans une vie, une mesure liberticide et une aberration économique»
Le 30 mai sur France Inter, l'ingénieur Jean-Marc Jancovici a proposé d'instaurer un quota de vols en avion. L'économiste Nicolas Bouzou critique cette idée, qui ne permettrait pas de baisser significativement les émissions de CO2 et risquerait de tuer les compagnies aériennes.
Jean-Marc Jancovici, ingénieur, serait-il devenu provocateur médiatique professionnel ? Il a une nouvelle fois proposé, pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, de limiter le nombre de vols en avion à quatre dans la vie. Il a pu développer il y a quelques jours sa proposition sur France Inter : «Quand on est jeune, on a quatre vols pour découvrir le monde. Quand on est plus vieux, on part en vacances en Corrèze ou en train». Lorsqu'on lui oppose le caractère liberticide et antiéconomique de cette mesure, il répond que, de toute façon, la moindre disponibilité en pétrole nous entraîne vers ce monde sans transport aérien. Le raisonnement semble logique. Pourtant, à y regarder de près, il ne l'est pas. Jancovici prétend que ne pas prendre ce type de mesures est impossible. Ce à quoi on peut lui répondre : prendre ce type de mesures est parfaitement impossible. Comment se résoudra la contradiction ?