Innovation de défense, des instruments à renforcer - Par Julie Burguburu et Marwan Lahoud

La France est confrontée à un environnement sécuritaire marqué par le retour de la guerre de haute intensité en Europe et des tensions croissantes en Asie de l’Est. Dans ce contexte dégradé, une course à l’armement s’opère entre les grandes puissances, dans laquelle la Chine, les États-Unis, voire la Russie pour certains programmes, se retrouvent au premier rang. La hausse des dépenses militaires mondiales, qui ont dépassé les 2 000 milliards de dollars pour la première fois en 2022, en est l’illustration.


L’innovation de défense joue un rôle central dans la compétition pour la supériorité militaire entre les grandes puissances. Celle-ci est définie par le ministère des Armées comme l’ensemble des nouveautés ou inventions suscitées ou détectées puis captées et mises en service au sein du ministère. Elle inclut aussi le processus qui permet ces différentes étapes - depuis l’étude de faisabilité jusqu’à la mise sur le marché. Autrement dit, il s’agit des mécanismes et procédés permettant à la France de maintenir son rang et sa supériorité technologique, organisationnelle et logistique.

Face aux enjeux actuels, et à l’heure où la France présente une loi de programmation militaire (LPM) sans équivalent avec les années passées, la question de l’efficacité de nos politiques publiques en matière d'innovation de défense prend ainsi toute son importance.

C’est l’objet du présent rapport, fruit d’une réflexion menée collégialement par notre groupe de travail et alimentée par une quarantaine d’auditions et d’entretiens avec des acteurs clés des secteurs privé et public. Il propose six recommandations visant à renforcer les mécanismes administratifs de soutien à l’innovation de défense.

Innovation de défense, des instruments à renforcer | Institut Montaigne