Thibault de Montbrial: «Il faut faire des choix drastiques si l’on veut conserver la libre circulation des personnes»
Le profil inédit de l’homme qui a poignardé six personnes, dont quatre enfants, à Annecy, ce 8 juin, doit nous conduire à la prudence. Cependant, estime l’avocat, ce drame illustre une nouvelle fois les faiblesses structurelles de nos procédures d’asile.
Thibault de Montbrial est avocat au barreau de Paris et président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure. Il a publié «Osons l’autorité» (L’Observatoire, 2020) et «Le Sursaut ou le chaos» (Plon, 2015).
LE FIGARO. - Un homme a poignardé six personnes, dont quatre enfants, ce jeudi matin dans un parc à Annecy. L’assaillant serait un ressortissant syrien de 31 ans entré légalement en France. On ignore encore ses motivations. Quels sont les premiers enseignements que l’on peut tirer de ce drame?
Thibault DE MONTBRIAL. - S’il convient d’être prudents sur le profil de l’agresseur, ce drame renvoie une fois de plus à la submersion migratoire qui frappe l’Europe en général et la France en particulier. D’après les premiers éléments, l’intéressé a déposé une demande d’asile en France en novembre 2022, qui a été rejetée le 4 juin. Depuis longtemps, je préconise que les demandeurs d’asile ne puissent pas circuler librement en Europe jusqu’à la fin de l’instruction de leur dossier.
Concrètement, il faut créer des centres fermés dans lesquels ils auraient accès à un avocat, à des soins, à des moyens de communiquer ; mais sans la liberté d’aller et venir sur le territoire européen. Ce droit ne devrait être acquis qu’au moment où l’asile est accordé. C’est la seule façon qui permette de les conserver sous contrôle et d’expulser les déboutés du droit d’asile dès que possible - ce qui est un sujet compliqué en soi. Mais simple dans le cas d’espèce, puisque l’instruction de la demande d’asile de l’assaillant a permis de constater qu’il avait déjà un titre de séjour en Suède ; avec ma proposition, son expulsion vers la Suède n’aurait donc posé aucun problème.
