Sauver l’immobilier en simplifiant la fiscalité et la réglementation - Par Jean-Philippe Delsol
Les rapports entre locataires et bailleurs devraient être rééquilibrés dans le respect réciproque plutôt que de vouloir protéger les locataires à tel point que les bailleurs disparaissent.
La crise immobilière est déclarée. Les souvenirs de celle des années 1990 resurgissent avec les faillites en série de promoteurs et les investisseurs obligés de transférer leurs mauvais actifs dépréciés dans des « bad banks ». En réalité, comme le dit Jean-Marc Vittori dans Les Echos du 12 juin, les actifs immobiliers connaissent généralement des variations de prix moins brutales que celles des actifs financiers. Parce que les gens ont toujours besoin de se loger et parce que les mouvements sont plus longs dans l’immobilier. Mais quand même, les prix avaient alors, note-t-il, perdu 31% en six ans, 1992/1998, tandis que l’indice général des prix augmentait de 11% durant la même période. Et la crise est bien là en ce début 2023 : au premier trimestre les réservations de logements neufs se sont effondrées de 41% et les ventes dans l’ancien en Ile de France ont baissé de 22%.Face à la crise, Mme Borne a dévoilé son plan :
- modification mensuelle du taux d’usure pour que les banques ne soient pas empêchées de prêter quand l‘inflation rattrape trop vite les limites de l’usure,
- poursuite du prêt à taux zéro –PTZ- pour les nouveaux accédants, mais en en excluant désormais la maison individuelle,
- développement des formules de dissociation du foncier et de l’immobilier construit pour aider les ménages défavorisés à acquérir,
- élargissement de la garantie Visale, la caution gratuite pour les locataires délivrée par Action Logement,
- aides à la rénovation des logements sociaux et augmentation de l’enveloppe destinée à financer la rénovation énergétique des logements MaPrimeRénov’.
Mme Borne veut encore qu’Action Logement et la CDC rachète aux promoteurs des programmes qu’ils peinent à vendre pour en faire 47 000 logements sociaux et intermédiaires. Comme si nous n’en avions pas assez : alors que les logements sociaux représentent environ 9% des logements en moyenne en Europe, leur part en France est proche de 17%, contre 3 % en Allemagne !
