Activisme vert : le risque politique, pire que le risque environnemental ? - Par Drieu Godefridi et Joseph Macé-Scaron

Le réchauffement climatique mène inévitablement à des débats sur l’utilisation des ressources. Au regard de l'influence et du poids de l’activisme vert, faut-il craindre que les arbitrages se fassent selon des décisions "morales" et symboliques, plutôt que rationnelles et scientifiques ?


Atlantico : Les changements climatiques mèneront inévitablement à des débats d’arbitrage sur l’utilisation des ressources. A l’heure de l’activisme vert, faut-il craindre que ces arbitrages se fassent selon des décisions "morales", symboliques, plutôt que rationnelles et scientifiques ?

Drieu Godefridi :
Il faut soigneusement distinguer les questions scientifiques et factuelles — les évolutions du climat et moyens de s’y adapter — de l’idéologie venue s’y greffer, qui est l’idéologie écologiste. C’est une erreur de raisonnement, et la prospérité des idéologues écologistes, qui consiste à confondre (identifier) l’écologie comme science de la nature et l’écologisme comme idéologie politique. Concrètement, quand on prend connaissances des revendications concrètes des écologistes français, de Die Grünen en Allemagne, ou des écologistes belges — pour ne rien dire de personnalités plus folkloriques telles Sandrine Rousseau — on constate que ces revendications sont non seulement étrangères à la science de la nature, mais en porte-à-faux et contradiction frontale avec la rationalité scientifique.

Joseph Macé-Scaron : Les universités d’été sont une occasion précieuse pour évaluer l’état d’une formation politique. Au passage, celle des Républicains qui se tenaient traditionnellement à La Baule a été purement et simplement annulée. Mais revenons à EELV et demandons le programme. Ce qui est intéressant c’est que, cette année, la parole n’est même plus aux experts contestés et contestables de l’écologie politique mais aux élus. Car l’organisation politique et le fonctionnement des écolos français fait que chacun doit pouvoir exprimer sa sensibilité qui a, aujourd’hui, d’autant plus de poids que l’impétrant est devenu député européen ou député français. Ce qui ressort des débats et des ateliers, c’est d’abord un exercice d’autocélébration. Et ce n’est pas un hasard si cette Université d’été se tient à Grenoble, ville dont le maire a une très haute idée de lui-même.