Antoine Bondaz: «Sur la crise Pékin-Taïwan, la question de fond est de savoir qui menace qui» - Par Antoine Bondaz

Lorsqu'ils s'expriment sur Taïwan, les chefs d'État occidentaux pèsent soigneusement leurs mots. Mais les finesses diplomatiques ne doivent pas occulter l'essentiel: le rapport de force entre les deux États et l'attitude belliqueuse du régime de Pékin, explique le chercheur.


Antoine Bondaz est enseignant à Sciences Po et chargé de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (think-tank), où il dirige notamment le FRS-KF Programme Corée sur la sécurité et la diplomatie ainsi que le Programme Taïwan sur la sécurité et la diplomatie.


FIGAROVOX. - Sur son blog personnel, Jean-Luc Mélenchon a affirmé que «Taïwan est une composante à part entière de la Chine», et il en a été remercié par l'ambassade de Chine en France. Quel regard portez-vous sur ces propos ?

Antoine BONDAZ. -
Ce ne sont pas les seuls propos que Jean-Luc Mélenchon tient et pour lesquels il est remercié par l'ambassade de Chine en France. Mais s'agissant de cette phrase précise, la position de la France n'en est pas éloignée. Un terme important est utilisé dans le communiqué conjoint franco-chinois, en date du 12 janvier 1994, sur le rétablissement de relations de coopération entre la France et la Chine dans lequel la partie française affirme qu'elle considère Taïwan comme une partie intégrante du territoire chinois» sans pour autant affirmer explicitement que l'île fait partie de la République populaire de Chine, et en conservant de fait des relations (non diplomatiques) avec Taïwan.