Saints ou martyrs ? - Par Alexandre Meyer

La moitié des actes antireligieux commis chaque année en France visent des chrétiens. Ces victimes suscitent indifférence ou compassion a minima chez les politiques et dans les médias. Si ce détachement est partagé par une part non négligeable des fidèles, tous ne veulent pas tendre l’autre joue.


Le constat de la mission ministérielle sur les actes antireligieux est sans appel : sur les 1 659 actes antireligieux commis en 2021, plus de la moitié concernent le christianisme, un tiers le judaïsme et un peu plus de 10 % l’islam. Longtemps, les actes antichrétiens se sont résumés à des dégradations et des vols dans les lieux de culte. Désormais, les violences physiques se multiplient. Des attaques motivées par l’islamisme, le satanisme, l’activisme de l’extrême gauche radicale ou une forte instabilité psychologique, selon l’ex-députée des Hauts-de-Seine, Isabelle Florennes (MoDem), co-auteur du rapport publié en mars dernier.

Le dimanche 19 avril 2015, la communauté catholique de Villejuif échappe de peu à l’apocalypse. Le terroriste qui se préparait depuis des mois à la frapper à l’arme de guerre s’est blessé en glissant un pistolet automatique dans sa ceinture. Un an plus tard, le père Jacques Hamel était égorgé en pleine messe par deux terroristes islamistes à Saint-Étienne-du-Rouvray. Depuis les guerres de Vendée, c’était la première fois qu’un prêtre était assassiné en France par haine de sa foi. Depuis, les catholiques ne célèbrent plus une fête sans la protection de l’armée ou de la police, gilet pare-balles sur le dos et l’arme au poing.

Pourtant, quatre ans après, un homme seul faisait un carnage à la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption de Nice. Les deux fidèles et le sacristain, tous trois égorgés, sont les 261e, 262e et 263e victimes tuées dans un attentat islamiste sur le sol français depuis janvier 2015.