L’inflation rapporte à l’Etat au détriment des particuliers - Par Jean-Philippe Delsol
A l’occasion du récent débat sur le projet de loi sur le pouvoir d’achat, Bruno Le Maire alertait les parlementaires : « Tout n’est pas possible, tout simplement parce que nous avons atteint la cote d’alerte sur les finances publiques. » Il ajoutait que les conditions de financement avaient changé et que désormais la France empruntait « à plus de 2 % » pour financer les dépenses publiques, quand elle le faisait encore récemment à taux négatifs ou très faibles.
Il a raison. La situation d’endettement de la France, qui sera proche de 3 000Md€ en fin d’année, est inquiétante. Mais néanmoins, l’Etat continue de multiplier les mesures d’aide au pouvoir d’achat face à une inflation fiévreuse que ces mesures pourraient favoriser. M. Le Maire est plus serein qu’il ne le dit parce que l’inflation profitera à l’Etat, du moins à court terme.
Des impôts larvés
En augmentant les seuils d’imposition moins que l’inflation, l’Etat procède à une augmentation d’impôt larvée mais réelle. L’exemple type est celui de l’IFI dont les seuils d’imposition, de 800 000€ si on dépasse une « fortune » de plus de 1,3 M€, n’ont pas bougé depuis 2012 (applicables alors à l’ISF). Quand l’inflation était autour de 1% par an, l’effet était négligeable. Il en va différemment quand elle est au-delà de 6%.
