Surtaxer les revenus ou les profits : la maladie génétique du socialisme - Par Jean-Philippe Delsol

Cet été, lors du vote de la loi de finances rectificative, la proposition de LFI de taxer les « surprofits » de certaines entreprises a agité le Parlement.


Quelques LREM l’ont soutenue aussi avant d’être rappelés à l’ordre. Ainsi, Sacha Houlé, président de la commission des lois à l’Assemblée a répondu au Monde (21/07/2022) qu’avec de « nombreux députés de la majorité », il ne demandait « pas seulement cette contribution pour des raisons de pouvoir d’achat, mais pour des raisons de justice sociale et de transition écologique ». Au Sénat les centristes ont apporté leurs voix à la gauche qui réclamait un prélèvement de 25 % sur les bénéfices des grands groupes. LR et LREM s’y sont opposés avec Bruno Lemaire qui a utilement rappelé qu’il n’était pas opportun d’inquiéter les entreprises alors que la France est déjà « le pays le plus taxé de tous les pays européens ». Mais il faut surtout combattre le socialisme, avoué ou larvé, où une telle proposition trouve ses racines et mine la société.

La disparition du marché

L’idée de surtaxer est fondamentalement socialiste. Elle ne peut pas être communiste puisqu’en principe dans les pays communistes, les entreprises sont détenues par l’Etat et ne payent pas d’impôt. Mais le socialisme est un marxisme ordinaire qui se voile la face pour paraître plus accommodant. Ayant constaté partout l’échec inexorable de la nationalisation totale de l’économie, il conserve des entreprises privées tout en en contrôlant les conditions d’embauche et d’exploitation, d’implantation, de gouvernance, de détermination des prix… L’Etat socialisant manie tour à tour la contrainte règlementaire, les aides financières, les niches fiscales et l’impôt pour encadrer et guider l’activité et les décisions des entrepreneurs. Il maintient la propriété privée comme la corde soutient le pendu. Ce socialisme latent, sournois, se propage dans le monde en profitant des crises financières, sanitaires et militaires pour gagner du terrain. L’Europe qui était en principe une union constituée entre nations libérales et pour veiller à la garantie de la liberté d’entreprendre, a désormais changé de philosophie pour ne plus se préoccuper que de régenter l’économie et la vie des individus.