Quand la Chine fait regretter l’impérialisme occidental - Par Ferghane Azihari
Hongkong, Taïwan… L’incapacité du « monde libre » à garder son avance sur les dictatures mercantiles et sans complexes interroge.
En 1839, les Britanniques déclarèrent la guerre à la dynastie des Qing en représailles des mesures prises contre leur commerce de l'opium. Victorieux, ils obtinrent l'île de Hongkong. Initialement prévue pour être illimitée, la durée d'acquisition fut ramenée à 99 ans en vertu de la seconde convention de Pékin signée en 1897.
Quand l'Europe faisait plier la Chine
Sans doute cette manière d'obtenir des territoires est-elle devenue anachronique, du moins en Occident, seule aire où les ambitions impériales qui jalonnent l'histoire de l'humanité sont dénigrées.
Mais comment nier que l'incorporation de Hongkong à l'Empire britannique fut la meilleure chose qui lui soit arrivée ? « J'ai commencé à me demander comment il se faisait que des étrangers, des Anglais, aient pu faire ce qu'ils avaient fait avec le rocher stérile de Hongkong en 70 ou 80 ans, alors qu'en 4 000 ans la Chine n'avait rien produit d'équivalent », concédait Sun Yat-sen, l'un des pères de la Chine moderne.
Les principaux intéressés semblent en accord avec ce constat. En témoignent les drapeaux britanniques que les manifestants hostiles à l'emprise de Pékin sur l'île arboraient quand ils pouvaient exercer leurs droits civils. Hongkong est la seule ex-colonie où la présence occidentale suscite de la nostalgie plutôt que du ressentiment.
