J'ai lu et aimé : Mythes et légendes écologistes – De Benoit Rittaud

Juste à temps pour la COP28, voici le nouveau livre sur l’écologisme en général et le climat en particulier de Benoit Rittaud, mathématicien et essayiste, paru aux éditions L'Artilleur avec les mythes pour angle premier. 

"Depuis 50 ans l’effondrement écologique est pour demain." 

Curieusement pourtant, ces 50 dernières années ont vu l’humanité progresser en nombre, en espérance et en qualité de vie à des niveaux inédits dans l’histoire. Comment un décalage aussi énorme entre le réel et sa perception a-t-il pu s’installer ? Loin d’être l’expression d’un consensus scientifique, les totems que sont la « crise climatique » ou la « sixième extinction des espèces » émanent d’un cartel de recherche qui interdit la dissidence et ne tolère pas la nuance. Refusant la discussion, celui-ci a rompu avec la méthode scientifique ainsi qu’avec tout projet raisonnable de préservation de l’environnement. Benoît Rittaud montre que la science sert désormais d’outil de censure au profit d’une idéologie qui, sous couvert de sauver la planète, installe ses rituels, ses légendes et ses prescriptions toujours plus exigeantes au cœur de notre société. Mélange de paradis perdu et de fin du monde, la mythologie écologiste postmoderne n’a rien d’une vision naïve et bien intentionnée. Derrière son sympathique imaginaire de façade se cache en réalité un projet totalitaire qui combat l’aspiration même à un monde plus prospère et plus libre.

Éditeur ‏ : ‎ L'artilleur (15 novembre 2023)
Langue ‏ : ‎ Français
ISBN-10 ‏ : ‎ 2810011818
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810011810
Poids de l'article ‏ : ‎ 331 g
Dimensions ‏ : ‎ 13.9 x 2.2 x 22.1 cm

Mythes et légendes écologistes - Le site des éditions de l'Artilleur (editionsartilleur.fr)


Benoît Rittaud nous parle des mythes et légendes écologistes...
Par André Bercoff avec Benoît Rittaud
Émission du jeudi 9 novembre 2023

Benoît Rittaud : "Pendant la Guerre froide, il y a un double discours sur la fin du monde"

Selon Benoît Rittaud, il existe un mythe autour de la fin du monde, brassé à différentes sauces à travers les décennies. "On a tout un discours qui peut être démonté scientifiquement, on le fait depuis longtemps, mais ça ne suffit pas. Ça ne change pas le discours des personnes en vue, des éditorialistes, des décideurs. Face à ce discours, on doit aussi s’intéresser à un autre terrain, qui est le terrain mythologique, au sens premier du terme. C’est vraiment une nouvelle mythologie qui s’installe. Ce sont des choses qui relèvent de la croyance et pas du tout de la compréhension ni de la science. C’est la classique opposition entre le logos et le mythos, qui avait été faite par les Grecs. Si vous attaquez le mythe au moyen de la science, vous ne gagnerez pas."


Comment est né le mythe de la fin du monde, de la catastrophe climatique qui arrivera si on ne fait pas telle ou telle chose ? "Je crois que cette peur qui continue à nous habiter est un héritage de la guerre froide. La guerre froide a été une occasion nouvelle d’avoir peur de la fin du monde. Là, pour le coup, la peur de la guerre nucléaire était tout à fait rationnelle. Ce n’est pas parce qu’elle n’est pas arrivée qu’elle n’était pas inquiétante. On a un peu oublié aujourd’hui ce que c’était. Mais pour ceux qui ont vécu et qui s’en rappellent, on était inquiets tous les jours. Donc, pendant la Guerre froide, il y a un double discours sur la fin du monde causée par la guerre atomique et la fin du monde pour des raisons environnementales.

Au-delà de ça, va s’installer un récit fondateur qui ne va plus bouger. Selon ce récit, l’homme, à travers sa propre puissance, est en train de détruire la planète. Au début des années 1970, on a donc ce mythe-là de la fin du monde créée par l’homme"
, a rappelé Benoît Rittaud.

Surpopulation, épuisement des ressources, pluies acides, couche d’ozone et, finalement, le climat

Comme l’explique Benoît Rittaud, au fil des décennies ce mythe a changé. "À la fin des années 1960, c’est la surpopulation qui inquiète les esprits. C’est Paul Ehrlich qui lance ça avec son livre The Population Bomb (La Bombe P). Gros succès de librairie. Les humains sont trop nombreux, on va épuiser la Terre, et ça va être la catastrophe. Ensuite, nous sommes au bord de la catastrophe écologiste à cause de la pollution. On l’a vu avec Rachel Carlson le Club de Rome. Et c’est l’épuisement des ressources. C’est également à ce moment-là qu’on voit pour la première fois la Terre de l’espace, et elle a l’air petite. C’est complètement idiot, c’est tout simplement parce qu’on la regarde de loin. Donc, de là naît l’idée que le monde est petit et qu’on est sur le point de tout consommer.


Ensuite, on a la période pluies acides. On l’a oublié aujourd’hui, mais pendant plusieurs années, on avait peur que les pluies détruisent les forêts. On a aussi eu le trou dans la couche d’ozone. C’était une bonne façon de raconter la fin du monde : l’ozone va disparaître, et on sera tous grillés par l’ultraviolet. Et, à partir des années 2000, nouvel épisode : le climat", a raconté Benoît Rittaud.


L’Apocalypse ne date pas d’hier


C’est le titre du dernier livre du Nouveau Testament qui, écrit en grec ancien, commence par ces mots : Ἀποκάλυψις Ἰησοῦ Χριστοῦ. Rédigé dans un langage symbolique, il est de nature prophétique. Aussi intitulé Livre de la Révélation, il est censé dévoiler le sens divin de l’époque et annoncer la délivrance du peuple de Dieu. Le discours écologiste sur la fin du monde s’en inspire, à moins que ce ne soit, comme le suggère Benoît Rittaud dans Mythes et légendes écologistes, de la pralaya (प्रलय, « dissolution » en sanskrit) dans la cosmogonie hindoue.

Car, en vérité, l’eschatologie (le discours sur la fin des temps, à ne pas confondre avec son quasi-homophone) revient dans de nombreuses religions, mythologies et philosophies et est un sujet prisé dans l’art, la littérature et désormais les médias. Les prédictions n’engagent que ceux qui y croient. Auteur de Chroniques sceptiques à propos de la COP 21 (Paris, 2015), Rittaud est mathématicien. Hé ! Hé ! Pas climatologue, rétorqueront les zélateurs de la cause. En effet, pas plus que le Pape ou M. António Guterres, le secrétaire général des Nations unies, qui ne cessent pourtant de nous parler de l’imminence du péril climatique et même de ce que l’effondrement a commencé.

Rittaud a cet avantage par rapport à nombre de personnes qui en parlent : les prédictions climatiques reposent sur des modèles et ces modèles sont, par essence, mathématiques. Ça, c’est son domaine et ça l’est rarement des prédicateurs de l’alarmisme climatique. Convaincre ces derniers de l’utilité d’en débattre étant peine perdue, Rittaud choisit de croiser le fer à visière levée sur leur propre terrain, celui du mythe fondateur de l’écologisme qu’il décrit comme suit : « Sa puissance et son égoïsme de court terme conduisent l’humanité à détruire l’environnement à l’échelle planétaire, ce qui va bientôt provoquer un effondrement global que l’on ne pourra éviter (ou freiner) que par une transformation profonde de notre société. »
La fin est imminente

La fin est imminente. Elle l’est sur le plan environnemental depuis plus d’un demi-siècle. Le 11 mai 1971, un message rédigé lors de la première conférence sur l’environnement, organisée à Menton en 1970 à l’initiative du militant contre la guerre Alfred Hassler, d’un moine et d’une moniale bouddhistes et d’une demi-douzaine de scientifiques, et signé par 2200 biologistes et écologistes de 23 pays, parmi lesquels quatre Prix Nobel, a été remis au secrétaire général des Nations unies U Thant. Il a paru en juillet 1971 dans le Courrier de l’Unesco sous le titre « Message à 3 milliards et demi de terriens ».

« Nous sommes tous aujourd’hui également menacés. Jamais les hommes n’ont affronté jusqu’ici un péril dont la gravité et l’ampleur relèvent de la conjugaison de plusieurs phénomènes. Chacun d’eux suffirait déjà à lui seul à créer des problèmes insolubles ; tous à la fois, ils signifient que les souffrances humaines vont terriblement s’aggraver dans un proche avenir et que toute vie s’éteigne ou risque de s’éteindre sur la planète. » Il était question notamment de ressources naturelles et de population, pas encore de réchauffement. Les signataires du « message de Menton » se sont trompés sur toute la ligne. Commémorant l’anniversaire dudit message, la revue Nature, citée par Rittaud, admet que les menaces ne se sont pas concrétisées mais ajoute que quand bien même « nous nous rapprochons du gouffre ». « Par principe, ils ont raison, écrit Rittaud, et si les faits leur donnent tort, ce sont les faits qui se trompent. »

« Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances », écrivit Marcel Proust. Il est un fait, par exemple, que ce sont les pays développés qui présentent les meilleures performances environnementales à l’indice annuel publié par l’université Yale et qu’il faut n’avoir jamais été dans un pays défavorisé pour souhaiter renoncer aux bénéfices de la révolution industrielle. La conclusion – ce n’est certes pas la seule à tirer de cet excellent essai de Benoît Rittaud – est qu’il faut non que l’Occident régresse, mais qu’il incite les pays défavorisés à se développer le plus rapidement possible.

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(Cet article a paru dans l’hebdo satirique PAN n° 4116 du vendredi 1er décembre 2023.)