« Les dix mille commandements » et le coût de l’inflation normative - Par Pierre Garello
Les inflations législative et réglementaire se payent cher. Combien au juste ? Il est difficile de le dire mais toute politique publique qui se veut raisonnable devrait à minima tenter d’anticiper et d’évaluer ces coûts assimilables par leur nature et leurs effets à un impôt. Le Competitive Enterprise Institute basé à Washington D.C. a évalué à 1939 Mds $ le coût de la réglementation fédérale américaine pour 2022 et identifie les mécanismes qui permettraient de juguler cette inflation.
L’État est omniprésent dans nos vies. Un chiffre en donne la mesure : celui du montant des dépenses publiques rapporté au PIB. Il est pour la France tristement connu : 58,3% en 2022 ! En pratique cela veut dire que 58,3 % des richesses créées en France au cours de cette année ont été affectées à tel ou tel usage sur décision d’une instance publique, que ce soit un conseil municipal, l’Assemblée nationale, un conseil départemental, ou encore un organisme de gestion de la Sécurité sociale. Un type de décisions qui s’impose donc à tous les citoyens. Autre chiffre parlant : celui du montant des prélèvements obligatoires. Il est souvent – à jamais semble-t-il dans le cas de la France ! – inférieur au chiffre des dépenses publiques, ce qui veut dire que le pays s’endette pour financer ses dépenses (45,4% en 2022).
Ces chiffres sont déjà impressionnants, mais ils ne suffisent pas à donner la pleine mesure de l’omniprésence de l’État. Il y a d’autres constats au plus haut point inquiétants. Car l’État ne se contente pas de taxer et de redistribuer, il utilise également son pouvoir pour règlementer la quasi-totalité de nos activités.
