Pourquoi la notion de racisme anti-Blancs fait-elle débat ? - Par Kévin Badeau
Édouard Philippe a dénoncé dimanche « une forme nouvelle de racisme anti-Blancs ». Le débat sur l’existence, ou non, d’un racisme envers les Blancs agite les sphères militantes et intellectuelles.
Le racisme anti-Blancs existe-t-il ? « Bien sûr qu'il y a du racisme en France. Et il est bien possible qu'il y ait une forme nouvelle de racisme anti-Blancs », a déclaré l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, dans Le Journal du dimanche daté du 10 décembre, alors qu'il était interrogé sur le drame de Crépol. Le lendemain, Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, lui a emboîté le pas au micro d'Europe 1 : « Ne pas dire qu'il existe, c'est ne pas dire la vérité. »
Ces deux déclarations, issues de deux personnalités classées à droite de l'échiquier politique, relancent le débat sur l'existence (ou non) d'un racisme visant les personnes blanches en France.
Plusieurs faits divers l'alimentent à intervalle régulier. En 2005, une bruyante tribune publiée dans Le Monde (indisponible en ligne) dénonçait les « ratonnades anti-Blancs » dont auraient été victimes des lycéens (blancs) à l'occasion d'une manifestation contre la loi Fillon. Ce texte, à l'initiative de Radio Shalom et de l'association sioniste de gauche Hachomer Hatzaïr, avait été signé par plusieurs personnalités, dont Alain Finkielkraut (philosophe) et Pierre-André Taguieff (politologue).
Plus tard, en 2018, un clip, intitulé Pendez les Blancs, et diffusé sur la plateforme YouTube par le rappeur Nick Conrad, a suscité un tollé sur les réseaux sociaux et essuyé de nombreuses condamnations au sein de la classe politique. L'« artiste » autoproduit se mettait en scène, enfonçant un revolver dans la bouche d'un Blanc puis lui tirant dessus. La victime apparaissait également pendue. Plus récemment, Ibram X. Kendi, militant antiraciste et historien des politiques de discrimination et de race aux États-Unis, considérait que « le fait d'être blanc empêche de se connecter à l'humanité ».
