Alors que la loi immigration a été adoptée cette semaine par l'Assemblée nationale, le cofondateur de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie Nicolas Pouvreau-Monti rappelle sept faits majeurs sur le sujet...
- Depuis 2017, 1,6 million de premiers titres de séjour ont été accordés à des immigrés extra-européens (hors UE / Suisse / Royaume-Uni).
316.174 premiers titres de séjour ont notamment été accordés en 2022. Ce nombre historique de primo-titres représente une hausse de 11,8% par rapport à 2021, mais s'inscrit surtout dans une tendance haussière nettement plus large, engagée depuis deux décennies : le nombre de primo-titres délivrés l'an dernier était ainsi supérieur de 153% à celui accordé durant l'an 1999. En moyenne, 266.000 premiers titres de séjour ont été accordés chaque année à des immigrés extra-européens sous la présidence d'Emmanuel Macron, soit 23% de plus que sous François Hollande et 41% de plus que sous Nicolas Sarkozy. Les principales nationalités bénéficiaires des nouveaux titres de séjour sont inchangées ces dernières années : Maroc, Algérie, Tunisie.
- Le nombre annuel de premières demandes d'asile enregistrées en France a augmenté de 227% entre 2009 et 2022.
137.505 premières demandes d'asile ont été enregistrées en France l'année dernière seront Eurostat, contre 42 070 en 2009. Au total, 680 000 premières demandes d'asile ont été enregistrées en France depuis 2017. Il s'agit là aussi d'un record. Le taux d'acceptation des demandes d'asile par l'OFPRA et la CNDA est d'environ 40% (41,8% en 2022). Cependant, même si la majorité des requérants voient leur demande d'asile rejetée, 96% des déboutés du droit d'asile se maintiennent sur le territoire français selon la Cour des comptes (2015), dans la perspective d'une régularisation intervenant souvent au bout de cinq ans de présence.
- Plus de 2 millions de personnes ont acquis la nationalité française depuis 2005 et 4 millions depuis 1982.
Cette politique d'octroi large de la nationalité fait «fondre» mécaniquement le nombre et la part des étrangers recensés dans les statistiques. Cependant, malgré ces acquisitions en grand nombre, il n'y a jamais eu autant d'étrangers en France : la part des étrangers dans la population totale a augmenté de 1,6 point en neuf ans, passant de 6,2% à 7,8% entre 2013 et 2022.
- Le nombre des bénéficiaires de l'aide médicale d'État (AME) a augmenté de 165% entre 2004 et 2022.
Cet indicateur suggère une forte croissance plus globale du nombre d'immigrés clandestins en France, étant entendu que «seules 51% des personnes qui y sont éligibles bénéficient de l'AME» selon une étude de l'IRDES publiée en 2019, du fait d'un fort taux de non-recours. Le rapport IGF-IGAS consacré à ce dispositif cette même année indiquait que plus des deux tiers des bénéficiaires de l'AME étaient originaires du continent africain ; ils étaient majoritairement jeunes (70,5 % des bénéficiaires avaient moins de 40 ans) et de sexe masculin, donnant ainsi une idée plus précise du
«profil» des clandestins en France. Dans leur rapport parlementaire de 2018, les députés Kokouendo et Cornut-Gentille évaluaient que le nombre d'immigrés illégaux résidant dans le seul département de la Seine-Saint-Denis était compris entre 150.000 et 400.000 personnes – soit l'équivalent d'un quart de la population «officielle» de ce territoire.
- Près d'un tiers (29%) des enfants nés en France en 2022 ont au moins un parent né hors de l'Union européenne.
Depuis l'an 2000,
le nombre annuel de naissances d'enfants dont les deux parents sont nés en France a baissé de 22%. Dans le même temps, le nombre annuel de naissances d'enfants dont au moins l'un des parents est né hors-UE a augmenté de 40% et les naissances d'enfants dont les deux parents sont nés hors-UE ont augmenté de 72%.
La France connaît donc des dynamiques de fécondité très contradictoires sur son sol. Une étude de l'INED estimait ainsi que l'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) des femmes immigrées algériennes en France était de 3,69 enfants par femme en 2014, soit le double des femmes non-immigrées (1,88) mais aussi significativement plus que les femmes algériennes en Algérie (2,9 enfants). Le même type de constat valait pour les femmes immigrées tunisiennes, marocaines et turques.
L'hypothèse selon laquelle l'installation en France incite les immigrées à faire des enfants se trouve corroborée par une récente étude de l'INSEE, établissant que le pic des naissances chez les femmes immigrées se situe dès la première année après leur entrée en France.
- Une augmentation de 1% du nombre de travailleurs liée à l'immigration fait baisser de quasiment 1% en moyenne le salaire des ouvriers «natifs» non-qualifiés.
Elle pèse aussi à la baisse sur le salaire des techniciens et employés (-0,42%) ainsi que celui des ouvriers qualifiés (-0,33%), selon une étude de l'OFCE. Seuls les managers bénéficient d'un effet salarial positif, lié à des emplois très qualifiés moins concernés par la concurrence issue de l'immigration.
En effet : 34,9% des immigrés vivant en France en 2022 et ayant terminé leurs études initiales
n'avaient aucun diplôme ou seulement un équivalent brevet / CEP, soit un taux de non-diplômés 2,5 fois supérieur à celui constaté parmi les personnes sans ascendance migratoire (14,2%). Ce taux était de 54% parmi les immigrés originaires d'Afrique sahélienne et de Turquie.
- L'OCDE a évalué le coût net de l'immigration pour les finances publiques à 1,41% de PIB / an en moyenne sur la période 2006-2018.
Rapporté au PIB de 2022, cela représente une charge annuelle nette (différence entre les coûts et les apports) de 37 milliards d'euros pour les comptes publics, sur la base du scénario intégrant l'impact de la première génération des descendants d'immigrés avec celui des immigrés eux-mêmes.
De multiples données permettent d'éclairer ce constat d'une immigration globalement sous-contributrice et surconsommatrice des prestations publiques. Pour s'en tenir à un seul exemple : 41,6% des Algériens de plus de 15 ans, 42,7% des Marocains et 47,6% des Turcs vivant en France étaient chômeurs ou inactifs – ni en emploi, ni en études, ni en retraite – selon les données du recensement INSEE pour 2017, soit un taux trois fois plus élevé que celui des Français (14,1%).