Décryptage de la loi pour le contrôle de l’immigration - Par Samuel-Frédéric Servière
Depuis 2010, les demandes d’asile ont triplé portant la population immigrée, en France, à 7 millions de personnes, soit 12% de la population française. Le gouvernement qui vient de présenter son projet de loi pour le contrôle de l’immigration. Coût prévu : 15 milliards d’euros qui doivent servir à améliorer l’intégration, notamment pour limiter les fraudes (aux aides sociales ou le travail au noir), à améliorer la gestion de ces flux migratoires (en mettant en place un titre de séjour spécifique aux métiers en tension), à mieux garantir le niveau minimum de connaissance de la langue française et surtout à renforcer l’expulsion des étrangers qui représentent une menace grave à l’ordre public. En 2021, seulement 6% des OQTF (obligations de quitter le territoire français) ont été respectées.
Si le projet de loi est ambitieux, de nombreuses zones d’ombres demeurent. L’exemple danois peut inspirer la discussion parlementaire qui va suivre. Ainsi, au Danemark, si un conjoint présent au titre du regroupement familial a bénéficié d’une aide publique durant les 3 années précédentes, il ne peut pas accéder à un titre de séjour permanent. Également, depuis 2021, le pays externalise la gestion de l’asile à des pays tiers.
Les éléments principaux à retenir sont les suivants :
- L’attribution des visas devrait être externalisé partiellement au bénéfice de pays hôtes réputés sûr en contrepartie de la remise par le pays d’origine d’un laissez-passer consulaire en blanc signé par le pays d’origine/ou par le pays hôte s’assurant de reprendre le demandeur en cas d’expiration de son visa. Le financement attribué par la France pourrait aller au soutien financier du dispositif mais aussi à la création et à l’utilisation par le pays d’origine, le pays d’instruction et la France de banques d’états civils et biométriques.
- La mise en place d’un dispositif d’immigration de travail dual semble un succès pour autant que des critères financiers des postes attribués par les entreprises (Singapour) ou que les garanties financières et les métiers convoités (Danemark) sont suffisants pour rester sur le territoire national pour la durée de séjour des titres demandés.
- Une conditionnalité des aides sociales peut être utilisée comme levier : soit en consignant les cotisations sociales souscrites par le bénéficiaire étrangers pendant le délai de son visa et restitué sous forme de capital in fine (cotisations chômage, vieillesse), soit/et attribués uniquement en cas de renouvellement du visa de travail.
- Une conditionnalité additionnelle s’agissant des aides publiques (minima sociaux et aides sous conditions de ressources), comme frein à l’acquisition de la nationalité (sur le modèle Danois).
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