Laurent Alexandre et Olivier Babeau: «ChatGPT, la “Pravda” 2.0?»

L’intelligence artificielle générative est orientée par la nature des contenus dont elle est nourrie, mais aussi par les réglages qui lui sont appliqués, expliquent Laurent Alexandre et Olivier Babeau, qui s’inquiètent de voir ChatGPT détenir un jour le monopole du vrai et du faux.


Le monde se réveille avec une cascade de problèmes qu’il n’avait pas vu venir. Quelques mois après la diffusion par OpenAI de la dernière version de ChatGPT, les bouleversements induits ne cessent de s’amplifier. Les nouvelles technologies dites «génératives» créent des textes convaincants en quelques secondes. Des activités humaines impossibles à imiter, comme la capacité à discuter ou à concevoir des synthèses subtiles en réponse à des interrogations complexes, peuvent désormais être recréées par l’IA.

Les contenus ainsi produits vont rapidement être omniprésents. Il faudra investir des dizaines de milliards pour créer et faire évoluer ce type d’IA, ce qui va mécaniquement générer un oligopole d’une petite poignée d’IA pour le monde entier. Cet oligopole va contrôler et formater la pensée humaine à un niveau inimaginable. Des moteurs de recherche comme Bing ou Google fournissent une série de réponses quand on leur soumet une requête, ce qui nous permet de bâtir notre propre opinion. ChatGPT, lui, ne donne qu’une réponse unique sans références permettant de vérifier ses affirmations.