La France en perdition : les 6 plaies - Par Claude Goudron

La devise Liberté Égalité Fraternité qui faisait notre fierté a été trop souvent galvaudée et le constat est amer.


Elle avait pourtant tout pour réussir cette France qui a fait rêver le monde entier : une situation géographique privilégiée, une histoire fabuleuse, une inventivité reconnue. Mais elle a tout gâché à cause d’une dérive gauchiste qui en a fait un enfer pour les entrepreneurs, aussi bien fiscalement qu’administrativement.

DECLASSEMENT POLITIQUE

Différents sondages confirment que les Français sont majoritairement de droite à environ 55 % alors que ceux qui tiennent les rênes du pays sont majoritairement à gauche.

En premier lieu l’Éducation nationale formate l’esprit de nos enfants biberonnés au gauchisme par des enseignants trop rarement neutres dans leurs cours. Elle en fait de bons petits soldats gauchistes qui à leur tour, pour ceux qui ont choisi de faire leur carrière dans l’éducation, vont tout naturellement retransmettre la même parole. D’ailleurs nombreux sont les gauchistes, les trotskistes, les lambertistes qui vont s’apercevoir sur le tard que l’Éducation nationale les a trompés… Mais entretemps le mal est fait.

La justice est également hyperpolitisée. Comment avoir une justice neutre quand un syndicat de la magistrature affiche son mur des cons, ce qui amène obligatoirement une justice à deux vitesses selon que la personne inculpée se situe à gauche ou à droite de l’échiquier.

La politique sévit également avec la nomination de « patrons » d’entreprises nationalisées, non pas sur leur compétence d’entrepreneur mais sur leurs « loyaux services rendus » à la classe dirigeante.

Enfin la prolifération de l’incompétence et de la vulgarité que l’on peut constater actuellement lors des débats de l’Assemblée nationale la transforme en cour de récréation de mauvais élèves mal éduqués.

DECLASSEMENT ADMINISTRATIF

Certainement par manque de courage, le pouvoir politique est débordé par un pouvoir administratif qui prend de plus en plus d’ampleur, confirmé par la déclaration de l’un d’entre eux dont le contenu est approximativement : « On décide de faire comme bon nous semble, vous n’êtes là que pour la durée de votre mandat, nous jusqu’à la retraite ».

C’est donc un dévoiement du rôle de l’administration qui de plus en plus prend des décisions dans son propre intérêt au détriment de celui des Français.

Cela se confirme dans sa structure même. En effet, les moyens informatiques mis à sa disposition devaient permettre une baisse sensible du nombre de fonctionnaires. Or c’est l’inverse que l’on constate : environ 2,5 millions en 1980 ; 5,6 millions aujourd’hui (7 millions en intégrant les assimilés).

Sa puissance devient donc le nombre et pour cela elle est devenue championne de la création de textes aussi inutiles que prolifiques, mais qui justifie l’augmentation de ses effectifs, et ceci même lorsqu’enfin certains gouvernants, conscients de ce dérapage, s’engagent à en réduire l’effectif d’un petit 120 000. Malheureusement le résultat est une augmentation de 180 000… Cherchez l’erreur !

La réduction du temps de travail des Français, mais particulièrement des fonctionnaires est de 30 % moindre que les fonctionnaires allemands, soit un équivalent temps plein de deux millions d’employés. Le coût en devient astronomique, de l’ordre de 7000 milliards d’euros sur 40 ans !

L’autre perversion de cette administration est la détestation non dissimulée des entrepreneurs français. Au lieu de leur simplifier la vie comme le font les autres pays industrialisés, elle leur met un maximum de bâtons dans les roues comme je le dénonce dans mon dernier livre Mon ennemie l’Urssaf.

DECLASSEMENT EDUCATIF

Le classement PISA recule d’année en année, un nombre inadmissible d’élèves sortent du système sans aucun diplôme.

Il faut y ajouter une prise de pouvoir du mouvement woke dans une majorité de grandes écoles encouragé par le récent nouveau ministre de l’Éducation Pap Ndiaye qui essaye de s’en défendre mais sans grande conviction.

Le plus grave sont ces « surdiplômés « de Polytechnique à Science Po qui, après des années de bourrage de crâne se révoltent contre le capitalisme et le libéralisme jusqu’à s’opposer à l’implantation, au plus proche de leur école, des centres de recherche de Total et LVMH ce qui n’augure rien de bon pour l’avenir du pays et de son économie.

DECLASSEMENT SOCIAL

Avec un budget de la protection sociale tout confondu de 834 milliards d’euros (33,3 % du PIB) la France est le pays qui dépense le plus en Europe. Il y a encore une vingtaine d’années il était l’un des meilleurs du monde, actuellement il est à la dérive complète : déserts médicaux, gestion des hôpitaux

On retrouve encore là les méfaits d’une suradministration dont les contraintes peuvent occuper jusqu’à 50 % du temps de travail du personnel de terrain.

Les déficits colossaux n’empêchent pas les gouvernements successifs de distribuer des aides à tout-va, des réfugiés y compris irréguliers aux faux retraités : 1,8 million de cartes vitales seraient frauduleuses pour un détournement de 14 à 20 milliards d’euros selon le magistrat spécialiste des finances publiques Charles Prats. Pendant ce temps des milliers de Français meurent prématurément faute de soins à cause de délais trop longs et d’une médecine préventive quasiment inexistante.

Les syndicats dits représentatifs devraient faire moins de politique et jouer un rôle plus positif dans la défense des salariés. En effet ils ne défendent plus que leur propre intérêt, veulent abattre les rares entreprises françaises qui font du profit. Ils sont relayés par des députés d’extrême gauche qui ne veulent plus de milliardaires en France, en omettant de préciser que ce sont eux qui paient les impôts qui font vivre le pays.

Nous devrions tous dire merci à Bernard Arnault et Patrick Pouyanné au lieu de leur mettre des bâtons dans les roues pour leurs futures implantations en France !

DECLASSEMENT INDUSTRIEL

Depuis l’an 2000, la part de l’industrie Française dans la PIB a été divisée par plus de deux. Elle est donc passée en dessous de 10 %. Sa descente aux enfers n’est pas terminée puisque de nombreuses entreprises du CAC40 réfléchissent, si ce n’est à quitter la France, au mieux à déplacer leurs plans d’expansion vers les États-Unis.

Depuis les années 2000, malgré l’affirmation d’une « fusion entre égaux », la France a perdu tout pouvoir sur des ex fleurons français : Lafarge, Alsthom, Péchiney, Arcelor, Alcatel, chantiers de l’Atlantique, Technip, Norbert Dentressangle… etc.

Les deux constructeurs automobiles français ont fortement réduit leur production sur le sol national. Elle est passée de 5,4 millions de voitures en 2000 à 2,270 millions en 2018 et seulement 1,35 million en 2021.

La France est donc en perdition industrielle. La première conséquence est un déficit commercial gigantesque : 164 milliards d’euros en 2022 (doublé en une seule année) !

L’écart se dégrade avec nos voisins allemands qui ont un excédent de 174 milliards d’euros, soit un delta de 338 milliards d’euros.

DECLASSEMENT ECONOMIQUE

Jusqu’où ira la France dans le déficit budgétaire ? La prévision pour 2023 est de 3072 milliards d’euros, sans garantie du gouvernement bien sûr car tout est possible en cette période instable.

Les causes sont connues :
  • dépense publique beaucoup trop élevée, soit 58 % du PIB,
  • gaspillages inacceptables,
  • charges sociales les plus élevées d’Europe,
  • contraintes administratives outrancières,
  • répartition des dépenses axées prioritairement sur le social,
  • promotion de la paresse,
  • manque flagrant de communication.

CONCLUSION

Si rien n’est fait dans un bref délai la France sombrera irrémédiablement. Le courage politique ne faisant pas partie des qualités de nos dirigeants, la question se pose : pourquoi ne pas faire appel en urgence au FMI afin qu’il compense cette tare française de l’immobilisme à tout prix !