Guerre en Ukraine : un an après... le pire est-il à venir ? - Par Jean-Baptiste Noé et Jean Guisnel

Un an après...

Par Jean-Baptiste Noé

Un an après le début de la guerre en Ukraine, plusieurs conclusions peuvent être tirées de ces mois d’affrontements qui, hélas, sont loin d’être terminés.

Trois confirmations

Trois confirmations d’abord.

1/ La vérité est toujours la première victime d’une guerre. Celle-ci n’a pas manqué à la règle. Dès le début de l’invasion, l’hystérie a été maximale, chacun sommant l’un et l’autre de prendre position de façon totale et tranchée. Il y avait donc d’un côté les « poutinolâtres » et de l’autre les « suppôts de l’OTAN », sans qu’il soit possible d’apporter la moindre nuance à ce tableau figé. Se poser, réfléchir, analyser, tenter un jugement nuancé, c’était trahir. Après un an de guerre, l’étau s’est à peine desserré.

2/ La guerre ne change pas de nature. Oui, il y a le cyber, l’aviation et les armes de dernières technologies ; mais la guerre ne change pas de nature. Cette campagne d’Ukraine l’a démontré une nouvelle fois. La géographie est essentielle dans le déroulement des opérations : un cours d’eau à traverser, un fleuve à tenir, une hauteur à prendre, sans compter la météo et les saisons qui ont aussi leur importance.

La guerre, ce sont des civils qui souffrent, des destructions massives, des vies ruinées, des villes tout autant, des apparatchiks au chaud, des cinglés au front (Wagner), des courageux et des traitres. La nature humaine en somme, avec des bombes.

3/ Les sanctions économiques ne servent à rien. Comme prévu, les sanctions économiques n’ont pas fait plier Poutine, elles n’ont pas conduit à un changement de régime et n’ont pas modifié le sens de la guerre. Comme pour Cuba, la Corée du Nord, la Syrie, l’Irak, l’Iran, le Venezuela, la Libye, etc., les sanctions économiques se révèlent toujours inefficaces. On le sait au moins depuis le blocus européen imposé par Napoléon.

...le pire est-il à venir ?

Par Jean Guisnel 

La guerre n'a jamais été une science exacte. Un an après le début de celle qu'a engagée la Russie contre l'Ukraine, huit ans après le soutien militaire apporté aux séparatistes du Donbass et la conquête de la Crimée réussie pratiquement sans aucun combat ni aucune réaction internationale autre que symbolique, les positions évoluent peu. Quelle sera la suite du conflit, qui entre le 24 février dans sa deuxième année ? Certains éléments plaident pour une accentuation de l'offensive russe, d'autres laissent entendre que les Ukrainiens pourraient à leur tour tenter une reconquête des territoires perdus… Leurs alliés avancent prudemment et communiquent sur un appui qui devra changer de dimension pour faire basculer le sort des armes, au risque de voir les opinions publiques occidentales se lasser. Vladimir Poutine n'a pas renoncé à soumettre l'ensemble du territoire de son adversaire. Fort de l'héroïsme de son peuple et du courage de son armée, Volodymyr Zelensky incarne la résistance à l'oppression, mais les 40 millions d'Ukrainiens pourront-ils tenir face à 140 millions de Russes privés de libertés et chauffés à blanc par leur tyran ?