En médecine, la race n’est pas qu’une construction sociale - Par Robert J. Morris
L'idée selon laquelle la race n’aurait pas de fondement biologique est une fiction risquant davantage d’exacerber les inégalités de santé que de les résorber.
« En soutien des efforts visant à affronter l'histoire du racisme et de l'injustice dans notre pays, les plus éminents médecins nationaux se sont aujourd'hui prononcés en faveur de deux nouvelles directives reconnaissant la race comme une construction sociale – plutôt qu'une construction biologique. »
Ainsi s'ouvrait, en 2020, un communiqué de presse de la prestigieuse Association médicale américaine après une réunion spéciale de sa chambre des délégués. Ces dernières années, de telles prises de position se sont multipliées dans les plus hautes instances de la médecine américaine.
Ainsi, selon les Instituts américains de la santé, « la race est une construction sociale ayant servi à regrouper les individus. Elle a été construite comme un système hiérarchique de groupement humain, générant des classifications raciales pour identifier, distinguer et marginaliser certains groupes à travers les nations, les régions et le monde ».
Selon le Collège américain des médecins, la race est « sociale plutôt que biologique ». L'Académie américaine de pédiatrie estime, pour sa part, que « la race est une construction sociale d'origine historique qui n'a pas sa place en tant qu'indicateur biologique ». Et, selon le Collège américain des gynécologues et obstétriciens, « la race est une catégorie sociale et non une condition biologique ou génétique augmentant le risque de certains diagnostics et disparités en matière de santé ».
Ce refus de reconnaître la race comme une variable importante des soins médicaux va à l'encontre de ce qui m'a été enseigné durant mes études de médecine, il y a de cela plusieurs décennies. À l'époque, lors de la présentation clinique des antécédents et de l'examen physique du patient, l'étudiant en médecine, l'interne ou le titulaire devait toujours commencer sa description du cas en indiquant l'âge, la race et le sexe du malade. Pourquoi ? Parce que l'on pensait ces facteurs précieux pour déterminer la potentielle susceptibilité à telle ou telle maladie et mettre en place un traitement adéquat.
