L'Edito de Brighelli: Blanquer contre le harcèlement scolaire

Loin de moi l’idée de minimiser des faits qui touchent près de 10% des élèves. Mais l’idée de fournir un « kit anti-harcèlement » ou de décerner un label aux écoles qui se mobilisent contre le phénomène me paraît un peu courte. Le phénomène est protéiforme, et touche désormais aussi bien le souffre-douleur classique que le bon élève — autrefois préservé par ses résultats, comme l’a raconté Michel Serres, disparu cette semaine : « Lorsque j’étais petit, bien avant la Seconde Guerre mondiale, la récréation a toujours été vécue par mon frère et moi comme le retour à la loi de la jungle ; et je peux même dire quelque chose qui a probablement dominé toute ma vie : j’ai expérimenté là, dans la cour de récréation, une telle guerre, une telle violence que, premièrement, j’étais content de revenir en classe lorsque la cloche sonnait, mais que, deuxièmement, j’ai trouvé que dans la classe régnait la même violence, à la différence près que, dans la cour, je recevais des coups de poing, et que, dans la classe, comme j’étais le premier, c’est moi qui dominais. » (in Bernard Defrance, La Violence à l’école, 1988-2009). (Lire l'article)