Pas de reconstruction politique sans liberté et responsabilité

Aux dernières élections européennes en France, les libéraux n’étaient pas présents et la droite conservatrice s’est effondrée à défaut de se souvenir que son électorat était conservateur mais aussi libéral. Tout est donc à reconstruire.
Les causes profondes d’une telle débandade sont sans doute multiples. La raison majeure nous semble toutefois tenir à cet affadissement progressif, continu et désormais maladif de la responsabilité. Depuis des dizaines d’années, quelles que soient les majorités, la France s’installe dans le doux collectivisme irresponsable que Tocqueville avait pronostiqué et qui tend à augmenter la puissance de l’Etat pour décharger les Français de toutes leurs responsabilités dans le choix et la gestion de leurs assurances sociales, de leur retraite, de l’école de leurs enfants, de leur formation, de leur travail, de leurs loisirs, de leurs préférences culturelles… Un état d’esprit prévaut ainsi qui consiste à vouloir tout gratuit, à attendre tout des autres et à renoncer à tout engagement jusque, parfois, dans les affaires intimes où les relations de couple et de famille deviennent éphémères ; l’Etat, lui toujours, étant là pour remédier aux inconstances des vies personnelles, notamment à l’égard des enfants ou des femmes (ce sont souvent elles les victimes) laissés pour compte. Et avec l’abandon par chacun de sa responsabilité, c’est sa liberté que chacun perd, gavé de subventions et d’aides allouées par ce nouveau Léviathan qui redistribue un tiers du PIB français en dépenses sociales, un record mondial. C’est aussi la liberté de vote qui disparait au profit des seuls partis pourvoyeurs de cette drogue. Car dans le même temps, peu enclins à jouer dans ce cirque politique, les meilleurs des citoyens s’en sont écartés et les élus qui y sont restés y ont trop souvent perdu leur lucidité ou leur courage, ou la force de résister à la doxa ambiante, au risque de perdre en même temps toute crédibilité.