Christophe Bigot : Loi « contre la haine » sur internet: objectif louable mais danger pour la liberté d’expression !


Dans une indifférence quasi-générale, une proposition de loi appelée de ses vœux par le Président Macron lui-même, a été déposée le 20 mars 2019 par la députée Laetitia Avia, qui entend expérimenter un nouveau modèle de régulation de la liberté d’expression, s’appuyant notamment sur un principe de privatisation des contrôles au profit des grand opérateurs de plateformes. On heurte ici frontalement une tradition multicentenaire héritée de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 et de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Pourtant, il faut le redire avec force, ce n’est pas la loi qui est inadaptée, ce sont les moyens financiers qui sont consacrés à la lutte contre la cyber-haine.
De quoi s’agit-il? Le constat initial n’est pas critiquable. Il pointe l’évolution exponentielle de la diffusion des contenus dits “haineux” sur les grandes plateformes et les réseaux sociaux, et la carence des contrôles et des sanctions, qui conduisent à une propagation inquiétante de toutes sortes de messages racistes, antisémites, homophobes, etc… heurtant frontalement la dignité humaine. Personne ne saurait contester la nécessité de la lutte contre ce type de propos. Mais, incapables de mettre des moyens pour éradiquer ces contenus, le gouvernement, et la députée Avia préfèrent déplacer la charge sur les grands opérateurs (Facebook, Twitter, YouTube, etc…) sommés de faire eux-même le ménage, sous la menace de sanctions pécuniaires pouvant aller jusqu’à 4 % de leur chiffre d’affaires… mondial. (Lire la suite de l'article)