François d'Orcival: «L’unité de l’ONU se fissure face à la Russie»

Si l’Europe et l’Amérique sanctionnent le régime de Poutine, l’Asie, l’Afrique et le monde arabe s’en gardent pour l’instant.


Cinq semaines après avoir été condamnée par les Nations unies pour son attaque de l’Ukraine, la Russie a subi un deuxième revers en Assemblée générale: sa suspension du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Le secrétaire général de l’organisation, le socialiste portugais António Guterres, s’est félicité de ces «votes historiques». Deux scrutins sans conséquence pratique (mis à part le retrait de la Russie d’un conseil de l’ONU), mais qui font de l’affichage.

Faute de pouvoir s’en prendre à l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, ces votes ont été déportés en Assemblée générale. Le premier a eu lieu six jours après le déclenchement de la guerre: le 2 mars, la Russie est condamnée par 141 des pays membres de l’ONU contre 5, et 35 abstentions (les autres ne siègent pas ; or, seuls les votes exprimés comptent, le total étant de 193).

Le résultat du second scrutin, le 7 avril, est nettement moins fort contre la Russie, alors que celle-ci n’a fait, entretemps, que durcir ses ravages en Ukraine: les pays qui la condamnent ne sont plus que 93 contre 24 (et abstention ou absence des autres). Ainsi, 100 des membres de la communauté mondiale n’ont pas voulu s’associer au blâme de la Russie. Plus de un sur deux