«Les États-Unis préservent leurs forces pour Taïwan» - Par Hugues Eudeline (Institut Thomas More)
Si les États-Unis n'interviennent pas militairement en Ukraine, c'est pour signifier à Xi Jinping que leurs forces armées sont entièrement mobilisables en cas d'attaque de Taïwan, analyse le chercheur Hugues Eudeline.
Hugues Eudeline est chercheur associé à l'Institut Thomas More. Ancien officier de marine, Docteur en histoire militaire, défense et sécurité de l'École Pratique des Hautes Études (EPHE, Paris) et breveté de l'enseignement militaire supérieur français et américain, il consacre ses recherches à la géopolitique et la géostratégie de l'océan mondial.
Il est beaucoup reproché au président des États-Unis, Joe Biden, de ne pas vouloir impliquer directement les forces armées de l'OTAN — au premier rang desquelles celles de son pays — dans un conflit de haute intensité aux côtés de l'Ukraine agressée par la Russie. Les contempteurs de celui qui est parfois appelé par ses ennemis politiques «Joe la gaffe» ou «le gâteux» pour sa propension à
utiliser un langage peu diplomatique comme lorsqu'il qualifie de «boucher» le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine feraient pourtant bien d'y réfléchir à deux fois avant de porter des jugements par trop lapidaires. L'exactitude et la précision des informations que le président Biden a fournies concernant l'imminence d'une attaque de l'Ukraine par la Russie bien
avant qu'elle ne se produise ne peut plus être contestée. Il avait pourtant été dénigré par nombre de dirigeants politiques européens, pour avoir sonné le tocsin bien avant le début de l'offensive. La preuve que les États-Unis disposent d'un système de renseignements efficace et fiable à l'échelle mondiale n'est plus à faire...
