Maxime Tandonnet: «Le retour au septennat est une promesse illusoire»
Emmanuel Macron comme Marine Le Pen prône le retour au septennat. L'évolution historique de la fonction présidentielle nécessite plutôt d'élire l'Assemblée avant le président pour restaurer l'équilibre des institutions, analyse l'essayiste.
Fin observateur de la vie politique française et contributeur régulier du FigaroVox, Maxime Tandonnet a notamment publié «André Tardieu. L'incompris» (Perrin, 2019).
Le président-candidat Emmanuel Macron s'est prononcé en faveur d'un retour au septennat lors d'une interview au Point le 12 avril. Il rejoignait ainsi son adversaire Marine le Pen qui préconise elle aussi cette réforme institutionnelle. Quelle signification peut avoir cette
soudaine et inattendue conjonction ?
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Le président de la République française était élu pour sept ans depuis les lois constitutionnelles de 1875 fondant la IIIe République. Au fil des années, cette durée, excédant celle du mandat parlementaire (quatre ou cinq ans), avait un sens. Le chef de l'État était placé au-dessus de la mêlée politique. Il incarnait la continuité de l'État, chargé de fixer un cap au pays, de le représenter à l'international, garant de sa sécurité et de son intégrité territoriale.
En revanche, incombait au président du Conseil (ou Premier ministre depuis 1958) et aux ministres, le gouvernement du pays au quotidien et la défense de sa politique devant le Parlement. L'élection du chef de l'État au suffrage universel (auparavant, il était désigné par le Parlement), à partir de 1962, ne remettait pas en cause fondamentalement cette logique d'un président de la République guide de la nation, irresponsable devant le Parlement, chargé de l'essentiel et déléguant la conduite de la politique intérieure au Premier ministre et au Gouvernement.
