«En France, gouvernement et administration ne rendent pas assez de comptes» - Par Laetitia Strauch-Bonart

Le recours, par la puissance publique, aux cabinets de conseil traduit la rencontre entre le pire de l’étatisme et le pire du libéralisme managérial, argumente l’essayiste Laetitia Strauch-Bonart.


Laetitia Strauch-Bonart publie «De la France. Ce pays que l’on croyait connaître» (Perrin/Les Presses de la Cité), un essai sur les travers de notre pays suradministré. L’auteur y critique la culture de l’irresponsabilité et la préférence pour le consensus mou, qui, à ses yeux, caractérisent nos élites.

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LE FIGARO. - La campagne présidentielle s’achève, et la réforme de l’État n’a pas été un sujet de débat. Faut-il s’en étonner?

Laetitia STRAUCH-BONART. -
Je n’aime pas le terme de «réforme de l’État», trop marqué du sceau du quinquennat Sarkozy et de la fameuse RGPP («révision générale des politiques publiques»), qui n’a guère été un succès. C’est un terme trop managérial. Il y a une incapacité à penser, non pas la «réforme» de l’État ni son «périmètre», mais tout simplement son rôle et sa pertinence. Cela dénote une forme de paresse et d’inertie. Depuis l’après-guerre, on a façonné un État de plus en plus protecteur, qui intervient de façon accrue dans la vie sociale, le bien-être et même l’intime.