L'après 1er tour de l'élection présidentielle 2022 : Ni ni ? - Par Jean-Philippe Delsol

Le 24 avril, nous aurons donc à choisir ou à refuser de choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.


On connaît le programme d’Emmanuel Macron puisqu’il l’a développé déjà depuis 5 ans. Toutes ses réformes ont renforcé l’Etat au détriment des individus et des corps intermédiaires. Il a supprimé les cotisations chômage des salariés payées désormais par l’Etat, il a privé les collectivités locales de la ressource de la taxe d’habitation et a rompu le lien fiscal entre les communes et leurs habitants, il a empoisonné son mandat avec une réforme des retraites qui ne faisait que changer les modalités de calcul des pensions sans préserver l’avenir comme la capitalisation le ferait, il a fermé Fessenheim avant que de dire qu’il fallait développer le nucléaire. Cet homme instable et incertain n’a rien obtenu au plan international au-delà de ses rodomontades. Pour se grandir, après avoir détruit la gauche, il a détruit la droite classique. Comment lui faire confiance ?

Mais peut-on se tourner alors vers Marine Le Pen ? Elle a quelques propositions sympathiques dans sa volonté d’interrompre la construction des éoliennes, de privatiser l’audio-visuel public, de relancer le nucléaire, de mieux assurer la sécurité… Mais elle veut aussi rétablir un ISF, nationaliser les autoroutes, instituer pour les commandes publiques une priorité nationale qui détruira la concurrence et réduira à long terme la qualité de notre production. Son programme est une longue suite de subventions, d’exonérations, d’abattements, d’incitations financières. Son projet de réforme est timoré, voire insuffisant ou inadapté, pour les retraites, l’emploi, la santé, l’éducation…. Elle n’a pas compris qu’il faut d’abord libéraliser les initiatives et les choix Pour tout et n’importe quoi. Comment lui faire confiance ?

Le programme de Marine Le Pen est plus coûteux que celui d’Emmanuel Macron parce que M Macron a déjà beaucoup dépensé aux frais des contribuables dans la fin de son mandat. L’un ne rachète pas l’autre pour multiplier les plans de soutien couteux et inutiles, les mesures démagogiques, les interventions de l’Etat.

Les résultats minables de Valérie Pécresse comme ceux des vieux partis de gauche socialiste et communiste montrent que le panorama politique n’échappera pas à une recomposition. La gauche risque de se livrer corps et âme à un mélenchonisme qui retrouve les accents d’un marxisme rebouilli et désuet dont encore beaucoup de Français sont des veufs éplorés. La droite qui ne veut pas rejoindre Mme Le Pen ne saura trouver son salut qu’en retrouvant une colonne vertébrale dans ses projets. C’est ce qu’avait réussi à faire M Fillon perdu par ses mesquines faiblesses financières. Mme Pécresse a d’abord perdu faute d’avoir été cohérente et enthousiasmante. Aujourd’hui, Mme Le Pen et M. Zemmour n’ont ensemble réuni autant de suffrages que parce que la droite classique s’est montrée faible, hésitante, inconsistante. Aujourd’hui, il lui faut reconstruire. Ce qu’elle ne peut faire que sur les bases d’un libéralisme authentique, ordonné, ouvert, éthique, capable de permettre à chaque personne de s’accomplir...