La France joue sa dette au poker menteur - Par Jean-Philippe Delsol

Les déficits s’envolent, le déficit commercial autant que le déficit budgétaire. Il s’agit de déficits jumeaux qu’on constate souvent en économie, notamment parce que lorsque les dépenses des administrations publiques excèdent leurs revenus de manière significative, la consommation est généralement supérieure à la production nationale et les importations augmentent à proportion de la hausse de la consommation nationale favorisée par le déficit public. Une formule mathématique le démontre aisément.


A la charge des générations futures

Ainsi, le déficit extérieur connaît une croissance sans précédent, passant de 57,9Md€ en 2019 à 64,7Md€ en 2020 et 84,7 Md€ en 2021. Celui de 2022 sera probablement encore en hausse. Parce que le déficit budgétaire public ne cesse pas non plus d’augmenter. En 2022, le besoin prévisionnel de financement de l’Etat est prévu à 298,9Md€ et sera sans doute supérieur à cause de la guerre d’Ukraine. Il était de 260 Md€ en 2020 et de 285 Md€ en 2021. Ce besoin est dû principalement au déficit budgétaire prévisionnel 2022 de 155,1 Md€ correspondant pour 115,5 Md€ à un déficit de fonctionnement.

Ces chiffres sont effrayants car il en ressort que plus de la moitié du budget de l’Etat, hors reversements à l’Europe et aux collectivités locales, est assuré par emprunt ! La dette publique était de 2.275 Md€ en juin 2017, lors du début du mandat de M. Macron, de 2.834,4 Md€ fin 2021 et elle avoisinera les 3.000 Md€ en 2022. Sur l’ensemble de la durée de son mandat, M. Macron aura augmenté la dette publique de plus de 30% !