Crise démocratique ? Non, crise des égoïsmes - Par Pascal Perri

Face au respect de l'esprit des lois, Pascal Perri invoque le respect de l'esprit républicain et invoque l'esprit de sacrifice qui doit prévaloir sur la société du temps libre et des loisirs qui s'est installée en France.


Comment comprendre la montée en puissance du sentiment de colère exprimé par une partie du mouvement social ? La seule personnalité du président de la République, présenté comme condescendant, trop sûr de lui, peu empathique, suffit-elle à expliquer le ressentiment que lui témoigne une partie du pays ? Nous avons peu de mémoire. Nous avons oublié le sentiment de détestation qui frappe tous nos dirigeants au bout de quelques années de pouvoir. Seul Jacques Chirac échappe au bruit et à la fureur dans la mémoire flash de l'opinion.

François Hollande, accablé par des frondeurs, n'a pas été en état de se représenter, et l'actif Nicolas Sarkozy agaçait jusqu'à ses amis à la fin de son mandat. Bref, les Français ne supportent plus rien. Ils ont acquis la conviction que le progrès social est constant et linéaire. Ils ont pour partie oublié qu'il se finance au fil du temps, en tenant compte de paramètres comme la démographie ou la croissance économique et la productivité du travail. Un mythe s'est inscrit dans le débat national selon lequel le progrès social est infini et inépuisable. C'est le terrain d'expression des démagogues : le SMIC à 2.000 euros ; la retraite à 60 ans, la semaine des 32 heures. Toutes ces mesures sonnent agréablement, mais elles ignorent le monde réel.