Patrick Hetzel : «Le débat sur la fin de vie mérite mieux que l'amateurisme et les manipulations»
Alors que la convention citoyenne sur la fin de vie vient de rendre les conclusions de ses travaux, Patrick Heltzel, député LR du Bas-Rhin dénonce un débat biaisé. Les enjeux sociétaux, médicaux, juridiques et philosophiques de la fin de vie son trop importants pour que l'on se contente de cela, explique-t-il.
Patrick Hetzel est député du Bas-Rhin, vice-Président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale.
Le projet de loi sur la réforme des retraites a montré qu'en politique la méthode importait tout autant que le fond. Le débat ouvert sur la fin de vie nous le confirme.
La convention citoyenne sur la fin de vie mise en place devait permettre de sensibiliser des citoyens représentatifs de l'opinion publique à un sujet difficile et de dégager des pistes de réflexion. Pour piloter cette opération, en liaison avec des cabinets de conseil, l'exécutif a choisi le Conseil économique et social (CESE), qui avait prôné en 2018 la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. Oscillant entre amateurisme et manipulation, cette procédure a rapidement perdu de sa crédibilité. D'emblée la question posée était un cas d'école de malhonnêteté intellectuelle, pour un exercice qui prétendait être un modèle de démocratie participative : « Le cadre d'accompagnement de la fin de vie est-il adapté aux différentes situations rencontrées ou d'éventuels changements devraient-ils être introduits ? » Vision bien totalitaire de la norme juridique, comme si une loi par définition générale avait vocation à embrasser toutes les situations singulières de la fin de vie.
Si l'investissement et l'assiduité des participants méritent d'être salués, le cortège des preuves de leur manipulation est long: opacité sur les critères de choix des orateurs, exclusion d’ouvrages hostiles à la légalisation de l'euthanasie dans la bibliographie à disposition des conventionnels, interventions de promoteurs des systèmes belge et suisse dès le début de la procédure, absence de débat contradictoire avec les promoteurs des législations étrangères de légalisation de l'euthanasie (Belgique, Québec, Suisse), emploi systématique du terme « d'aide active à mourir » au cours des débats, discussion limitée à une heure quinze sur 27 jours de phase délibérative entre tenants et adversaires de l'euthanasie, mise à l'écart de philosophes et d'éthiciens réservés sur la légalisation de l'euthanasie, limitation de la voix des médecins à une seule matinée, refus d'organiser des visites d'unités de soins palliatifs sur le terrain.
Le projet de loi sur la réforme des retraites a montré qu'en politique la méthode importait tout autant que le fond. Le débat ouvert sur la fin de vie nous le confirme.
La convention citoyenne sur la fin de vie mise en place devait permettre de sensibiliser des citoyens représentatifs de l'opinion publique à un sujet difficile et de dégager des pistes de réflexion. Pour piloter cette opération, en liaison avec des cabinets de conseil, l'exécutif a choisi le Conseil économique et social (CESE), qui avait prôné en 2018 la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. Oscillant entre amateurisme et manipulation, cette procédure a rapidement perdu de sa crédibilité. D'emblée la question posée était un cas d'école de malhonnêteté intellectuelle, pour un exercice qui prétendait être un modèle de démocratie participative : « Le cadre d'accompagnement de la fin de vie est-il adapté aux différentes situations rencontrées ou d'éventuels changements devraient-ils être introduits ? » Vision bien totalitaire de la norme juridique, comme si une loi par définition générale avait vocation à embrasser toutes les situations singulières de la fin de vie.
Si l'investissement et l'assiduité des participants méritent d'être salués, le cortège des preuves de leur manipulation est long: opacité sur les critères de choix des orateurs, exclusion d’ouvrages hostiles à la légalisation de l'euthanasie dans la bibliographie à disposition des conventionnels, interventions de promoteurs des systèmes belge et suisse dès le début de la procédure, absence de débat contradictoire avec les promoteurs des législations étrangères de légalisation de l'euthanasie (Belgique, Québec, Suisse), emploi systématique du terme « d'aide active à mourir » au cours des débats, discussion limitée à une heure quinze sur 27 jours de phase délibérative entre tenants et adversaires de l'euthanasie, mise à l'écart de philosophes et d'éthiciens réservés sur la légalisation de l'euthanasie, limitation de la voix des médecins à une seule matinée, refus d'organiser des visites d'unités de soins palliatifs sur le terrain.
Avec un recul de 20 ans d'application, les législations belge et hollandaise ayant légalisé l'euthanasie se caractérisent par l'opacité et l'irresponsabilité médicale.
La loi s'intitule « aide médicale à mourir » mais les statistiques font état de 10.000 euthanasies annuelles pour 7 suicides assistés. Il faut avoir le courage d'appeler les choses par leur nom.
