François-Xavier Bellamy : «Répartir l’échec ou reconstruire enfin l’école?»


Punir, sous couvert de grands principes, ceux qui reçoivent encore un enseignement de qualité, c’est avouer qu’on a renoncé à enrayer le déclin de l’enseignement public, s’inquiète le député européen LR, normalien et professeur agrégé de philosophie.


Rien n’est plus dangereux pour un patient que le médecin qui tenterait de supprimer le symptôme plutôt que la maladie. Pap Ndiaye se souvient-il de cet avertissement de Georges Canguilhem?

Il s’y prend en tous les cas à rebours pour traiter ce grand corps malade qu’est devenue l’Éducation nationale, en annonçant, dans un entretien au Figaro, qu’il se prépare à imposer des ratios de mixité sociale dans les établissements privés - même si le ministre est trop pudique pour nommer clairement la contrainte, trouvant que “le terme de quota est un peu rigide”, c’est bien de cela qu’il s’agit…

Le mal est en effet profond. Les indicateurs effarants se succèdent sur l’effondrement de notre école: d’après le ministère lui-même, à peine la moitié des élèves de sixième a le niveau de lecture requis pour le collège, et un tiers est en grande difficulté ; sur les matières scientifiques, alors que la France se classait dans le premier tiers de l’OCDE en 2000 selon le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) , elle a reculé derrière la plupart des pays européens - très loin des pays asiatiques.