Haut-Karabakh : les Arméniens toujours menacés de disparition - Par Christian Makarian et Xavier Bertrand
108 ans après le génocide, l’Azerbaïdjan entreprend un nettoyage ethnique de l’enclave arménienne du Haut-Karabakh. La communauté internationale, dont le France, laisse faire.
Les Arméniens sont toujours menacés de disparition
En dépit de très nombreuses condamnations internationales, au mépris des avis exprimés au sein du conseil de sécurité de l'ONU demandant la levée du blocus le 20 décembre 2022, sans aucun égard pour la résolution adoptée par le Parlement européen exigeant la réouverture du couloir de Latchine et la mise en place d'une enquête humanitaire, le président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, entend écraser les Arméniens en faisant fi de toute forme d'humanité et de légalité.
«Il est plus que temps d'agir concrètement pour le peuple arménien du Haut-Karabagh»
Par Xavier Bertrand.
.Il y a 108 ans, le 24 avril 1915, près de 600 intellectuels arméniens furent arrêtés par les autorités ottomanes à Constantinople, avant d'être déportés ou assassinés. Ce fut le coup de départ du premier génocide du XXe siècle durant lequel fut organisée et planifiée l'entreprise d'extermination d'un peuple, le peuple arménien. Fidèle à son histoire et à ses valeurs universelles, la France, par la loi du 29 janvier 2001, a reconnu publiquement l'existence du génocide face aux négationnistes et aux faussaires d'histoire. Cette loi pour reprendre les mots de Patrick Devedjian permit qu'on «enterre enfin les morts du génocide dans le linceul de la vérité».
Tel un bégaiement de l'Histoire, depuis le 12 décembre 2022, quelque 120.000 hommes, femmes et enfants se voient – parce qu'Arméniens – privés de nourriture, de soins et de tous leurs droits fondamentaux. Depuis plus de 130 jours, le Haut-Karabagh, constitué en République autodéterminée d'Artsakh, est coupé du monde par le blocus du couloir de Latchine, effectué par l'Azerbaidjan.
