Le libéralisme, seul remède au mal-être français - Par Erwann Tison
La crise sociale contre la réforme des retraites exprime aussi un ras-le-bol contre le paternalisme étatique. Vite, une révolution libérale !
La France est traversée par une crise sociale dont l'ampleur prend des proportions inédites. Si notre pays s'est habitué à une certaine régularité dans l'apparition spontanée de contestations protéiformes, l'épisode qui se déroule en ce moment révèle au grand jour le grand mal-être qui le touche : le dirigisme.
Le report de l'âge de départ en retraite à 64 ans, solution comptable visant à équilibrer à moyen terme un système structurellement déficitaire, a été la goutte d'autoritarisme qui a fait déborder le vase social. Quiconque ayant tendu l'oreille lors d'une des manifestations de cette année aura été frappé d'une chose, la plupart des slogans marquent un refus de l'allongement de la durée du travail, ressenti comme forcé et subi. Plus qu'une éventuelle allergie au travail, ce qui est rejeté ici c'est l'uniformité de l'application de la mesure.
Si le travail émancipe, il aliène aussi. La crise du Covid-19 et le débat sur les retraites auront remis la notion de qualité de vie au travail sur le devant de la scène. La première loi d'envergure votée par la majorité du président de la République en 2017 visait à corriger la pénibilité du travail en permettant à chaque actif de réorienter sa carrière à sa guise grâce à la formation professionnelle. L'ambition qui primait alors, celle de donner « la liberté de choisir son avenir professionnel » à chaque actif a été stoppée par la même majorité qui vient de mettre un âge unique s'appliquant à tous.
Faux enfer libéral
D'autres solutions existaient pourtant. Que ce soit le financement par l'introduction d'une dose de capitalisation pour optimiser les cotisations prélevées, ou la mise en place d'un système à point, il était possible d'être plus innovant dans l'approche réformatrice, pour octroyer plus de liberté aux Français, et éviter la colère qui s'exprime actuellement.
Car ne nous y trompons pas, le courroux des Français est bien plus attisé par l'injonction étatique de ne pouvoir choisir la fin de sa carrière que par la nécessité de travailler plus. Cette colère est en réalité dirigée contre l'hypercentralisation qui caractérise notre pays depuis les années 1980, contre la nationalisation des décisions et la primauté des directives étatiques sur les choix individuels. Et la seule manière de la calmer, sera d'en finir avec cette approche paternaliste.
Contrairement à ce que beaucoup cherchent à nous faire croire, la France n'a rien d'un enfer libéral. À l'inverse de ses voisins, elle n'a même jamais essayé de l'être. Et cela se voit dans ses performances économiques. Selon la Banque mondiale, la France occupe maintenant la 32e place au classement de la richesse par habitant. Il y a donc 31 économies où les résidents sont plus riches que nous.
Cruel constat pour une nation qui se rêve encore championne du monde dans d'innombrables domaines, mais qui ne se donne plus les moyens de ses ambitions. En confondant stratégisme et dirigisme, anticipation et planification, ou encore incitation et obligation, la France s'est enfermée dans une matrice où l'État serait la solution et l'origine de tout.
D'autres solutions existaient pourtant. Que ce soit le financement par l'introduction d'une dose de capitalisation pour optimiser les cotisations prélevées, ou la mise en place d'un système à point, il était possible d'être plus innovant dans l'approche réformatrice, pour octroyer plus de liberté aux Français, et éviter la colère qui s'exprime actuellement.
Car ne nous y trompons pas, le courroux des Français est bien plus attisé par l'injonction étatique de ne pouvoir choisir la fin de sa carrière que par la nécessité de travailler plus. Cette colère est en réalité dirigée contre l'hypercentralisation qui caractérise notre pays depuis les années 1980, contre la nationalisation des décisions et la primauté des directives étatiques sur les choix individuels. Et la seule manière de la calmer, sera d'en finir avec cette approche paternaliste.
Contrairement à ce que beaucoup cherchent à nous faire croire, la France n'a rien d'un enfer libéral. À l'inverse de ses voisins, elle n'a même jamais essayé de l'être. Et cela se voit dans ses performances économiques. Selon la Banque mondiale, la France occupe maintenant la 32e place au classement de la richesse par habitant. Il y a donc 31 économies où les résidents sont plus riches que nous.
Cruel constat pour une nation qui se rêve encore championne du monde dans d'innombrables domaines, mais qui ne se donne plus les moyens de ses ambitions. En confondant stratégisme et dirigisme, anticipation et planification, ou encore incitation et obligation, la France s'est enfermée dans une matrice où l'État serait la solution et l'origine de tout.
Changer de logiciel
Il est donc temps de changer de logiciel. Curieuse corrélation, à part la Chine, il n'y a aucun pays aussi socialiste que nous qui nous précède dans le classement de la Banque mondiale. Preuve qu'il est donc temps d'essayer enfin le libéralisme. D'ailleurs il est cocasse de relever que lorsque la France a libéralisé son marché du travail, le taux de chômage a enclenché une baisse de 3 points et le taux d'activité a atteint son pic historique. Il y a donc matière à généraliser ce principe.
Pour y parvenir, la potion du professeur Boisguilbert semble la plus efficace. Contemporain de Louis XIV, il fut le précurseur du libéralisme économique au niveau mondial, en définissant sur sa simple intuition et l'observation de son environnement, des lois qui devinrent immuables. Pour lui, l'État ne doit s'occuper que de trois choses : offrir une éducation de qualité à chaque citoyen, garantir la sécurité de ses habitants et faciliter l'accès au logement à tous. Et c'est tout. Que l'État se reconcentre sur ces missions essentielles, dont l'état est en plus désastreux, et laisse la liberté aux acteurs de s'organiser pour le reste, pourrait être une réponse à la crise actuelle.
Le corollaire de la liberté étant la responsabilité, laisser les citoyens organiser eux-mêmes leur propre vie – à commencer par choisir la date de leur retraite, quitte à obtenir un niveau de pension moindre – pourrait être un bon début. Le citoyen excédé n'aura ainsi plus à battre le pavé pour réclamer à l'État le droit à disposer de sa propre vie. Une matrice qui laissera la place à l'initiative individuelle et remettra l'État à sa place, celle où il garantit la sécurité, l'éducation et le logement à chacun de ses administrés.
Il est donc temps de changer de logiciel. Curieuse corrélation, à part la Chine, il n'y a aucun pays aussi socialiste que nous qui nous précède dans le classement de la Banque mondiale. Preuve qu'il est donc temps d'essayer enfin le libéralisme. D'ailleurs il est cocasse de relever que lorsque la France a libéralisé son marché du travail, le taux de chômage a enclenché une baisse de 3 points et le taux d'activité a atteint son pic historique. Il y a donc matière à généraliser ce principe.
Pour y parvenir, la potion du professeur Boisguilbert semble la plus efficace. Contemporain de Louis XIV, il fut le précurseur du libéralisme économique au niveau mondial, en définissant sur sa simple intuition et l'observation de son environnement, des lois qui devinrent immuables. Pour lui, l'État ne doit s'occuper que de trois choses : offrir une éducation de qualité à chaque citoyen, garantir la sécurité de ses habitants et faciliter l'accès au logement à tous. Et c'est tout. Que l'État se reconcentre sur ces missions essentielles, dont l'état est en plus désastreux, et laisse la liberté aux acteurs de s'organiser pour le reste, pourrait être une réponse à la crise actuelle.
Le corollaire de la liberté étant la responsabilité, laisser les citoyens organiser eux-mêmes leur propre vie – à commencer par choisir la date de leur retraite, quitte à obtenir un niveau de pension moindre – pourrait être un bon début. Le citoyen excédé n'aura ainsi plus à battre le pavé pour réclamer à l'État le droit à disposer de sa propre vie. Une matrice qui laissera la place à l'initiative individuelle et remettra l'État à sa place, celle où il garantit la sécurité, l'éducation et le logement à chacun de ses administrés.
