«La vidéosurveillance biométrique aux JO de Paris, un nouveau pas vers la “société de surveillance” numérique» - Par Cyrille Dalmont

Les députés ont autorisé, le 23 mars, l'application de la vidéosurveillance «intelligente» aux JO de Paris 2024. Au fil des «situations exceptionnelles», la surveillance généralisée devient une norme, s'inquiète le directeur de recherche à l'Institut Thomas More Cyrille Dalmont.

Les images de guérillas urbaines et rurales impliquant des activistes d'extrême-gauche, qui ont défilé à un rythme soutenu sur nos écrans ces dernières semaines, ont légitimement choqué de nombreux Français. Elles disent toute la violence dont ces groupuscules sont capables. Elles disent aussi la profonde faiblesse de l'État vis-à-vis de la délinquance la plus violente, faiblesse accumulée au fil de trois ou quatre décennies qui mêle culture de l'excuse, clémence vis-à-vis de l'extrême-gauche (allant jusqu'à l'admiration et au soutien actif dans certains milieux intellectuels et médiatiques) et engagements internationaux toujours plus paralysants pour l'État.

«La vidéosurveillance biométrique aux JO de Paris, un nouveau pas vers la “société de surveillance” numérique» (lefigaro.fr)

Le constat est aussi simple qu'alarmant : le gouvernement vient de faire accepter par la représentation nationale l'une des technologies de surveillance les plus dangereuses pour les libertés fondamentales.

Si les multiples états d'urgence que nous avons vécus ces dernières années (contre le terrorisme et sanitaire) nous ont appris une chose, c'est qu'en matière de libertés, l'exception a une tendance inquiétante à devenir la règle.

Nous constatons ainsi que la CNIL a peu à peu délaissé son rôle de gardien des libertés pour se muer en une sorte d'autorité de régulation du marché des données.