L’ultragauche c’est comme les woke : il paraît que ça n’existe pas - Par Abnousse Shalmani

L’utragauche ? Quelle ultragauche ? A en croire certains, les violences auxquelles nous assistons sont le fait de "constellations" qui entendent prouver la réalité de la "violence policière". On se pince.


Huit manifestations d’ampleur se sont enchaînées sans casse, sans violence et sans "violences policières". Le service de sécurité de la CGT a fait le travail ; les forces de l’ordre n’avaient plus qu’à assurer la sécurité de tous. Après l’utilisation de l’article 49.3, une manifestation "spontanée", place de la Concorde, a dégénéré en cache-cache violent entre les "jeunes" et la police. Ayant été coincée dans cette fausse manifestation et vrai défouloir anticapitaliste de jeunes des Beaux-Arts et de la Sorbonne habillés de pied en cap par le fruit de l’exploitation des Ouïgours, j’ai un peu de mal à y voir la révolution de la jeunesse paupérisée venue soutenir les syndicalistes contre la réforme des retraites. Depuis, les casseurs et les black blocs ont investi les manifestations, et les explications de texte atteignent des sommets de dramatisation hors sol et de déni qui confinent à la poésie.

Du pain bénit médiatique, voilà ce qu’est avant tout le retour de la violence dans les manifestations, à constater le nombre ahurissant de débats, décryptages, analyses qui s’enchaînent, donnant la désagréable impression que la France est à feu et à sang – au point que Charles III, effrayé tant par l’accumulation des ordures défigurant un peu plus Paris que par la guerre civile qui s’y déroule, a préféré l’Allemagne à la France pour son premier voyage officiel. Les présentateurs adoptent le ton des grands soirs, les invités sont outrés, la situation est grave, très grave, la République agonise sous nos yeux, les jeunes sont les premières victimes d’une violence d’Etat qui s’abat sur leurs frêles épaules innocentes. Encore un peu et on en appellerait à la résistance de la maison de campagne de papa.