Pour sauver l’Occident, il faut sortir de la caverne - Par Richard M. Reinsch II
L’Occident s’est construit sur la raison, la logique, la découverte des autres civilisations. Cette perte de la raison envahie par le subjectivisme et la disparition du sens de l’art menace l’avenir de l’Occident mais donne aussi des pistes pour assurer sa survie.
Richard M. Reinsch II, directeur du B. Kenneth Simon Center for American Studies at the Heritage Foundation and the AWC Family Foundation Fellow. Article original publié sur le site d’Acton Institute. Traduction de Conflits.
L’ouvrage de Spencer Klavan, How to Save the West : Ancient Wisdom for 5 Modern Crises identifie cinq crises qui, selon lui, affligent l’Occident et minent lentement l’Amérique : la réalité, le corps, le sens, la religion et les régimes. Klavan affirme que sous le changement, le chaos et le tourbillon de nos vies, il y a un logos, une raison et une logique profondément ancrées qui informent tout. Si nous l’embrassons – et cela demande du travail et du courage – nous trouverons la vérité sur nous-mêmes et sur ce que nous devrions faire du temps qui nous est imparti. Et, selon lui, ce cadeau nous vient des sources les plus sages de la pensée occidentale.
Sagesse occidentale
Tout au long du texte, sa voix est mesurée, éloquente, souvent pleine d’espoir et humble. Dans l’introduction, il déclare que « le champ de bataille le plus important dans la guerre culturelle est celui que l’on oublie le plus souvent. Au sein de chaque âme humaine, de chaque famille, de chaque jour, se livre une bataille pour déterminer quels principes, quelles croyances et quels rituels seront acceptés, enseignés et transmis. Dans ce combat, vous êtes la dernière ligne de défense ». Klavan ne conseille cependant pas la guerre. Il préconise plutôt l’étude, la réflexion et l’action vertueuse dans le contexte et le réseau de relations et de communautés qui remplissent votre vie.
Nous devrions d’emblée nous poser la question suivante : qu’est-ce que l’Occident ? Et a-t-il les moyens de nous sauver ? L’Occident n’est-il pas une simple construction intellectuelle ? Klavan répond que l’Occident « englobe l’héritage vaste et complexe d’Athènes (le monde classique) et de « Jérusalem » (les monothéistes juifs et chrétiens du Proche-Orient). Les produits culturels communs de ces civilisations et les grandes aventures qu’elles ont inspirées sont des sources de sagesse durement acquise et transformatrice qu’il serait insensé de nier ». Plus précisément, les « fils de continuité » occidentaux « s’étendent à travers le temps et l’espace ». Ils comprennent, entre autres, « Cicéron, Frederick Douglass, Eschyle et Shakespeare, Saint Jérôme et Julienne de Norwich », nous fournissant les « idées et les chefs-d’œuvre » qui parlent aux gens à travers le monde. L’une des plus grandes incarnations du savoir occidental aujourd’hui, note M. Klavan, est peut-être le cardinal Robert Sarah, l’humble prélat catholique originaire de Guinée qui parle admirablement le langage de la foi et de la raison, instruisant nombre de ses frères...
