«L'orthodoxie budgétaire ne suffira pas à régler les problèmes de la France» - Par Julien Aubert
Nos politiques, à l’image de Gabriel Attal, se trompent en réduisant le débat au seul niveau d'imposition sans aborder les choix de société qui vont avec, estime Julien Aubert, président d'Oser la France.
Gabriel Attal ne fut pas sans mérite, du temps où il œuvrait à l'Éducation nationale, en empêchant l'épidémie d'abayas qui se propageait dans les écoles et lycées du pays.
Toutefois, ces derniers jours, le député Attal a affirmé péremptoirement qu'«il y avait trop d'impôts» dans le projet de budget pour 2025. On pourrait lui rétorquer qu'il y a trop de dette, trop de déficit et que l'impôt n'est finalement que l'arbre d'une forêt de recettes publiques tentaculaires. Cette manière assez binaire de se renvoyer la balle ne nous mènerait cependant pas bien loin.
À ceux qui estiment - pour simplifier - que la droite ce sont des impôts minimum et la gauche, l'inverse, il faut répondre qu'en réalité, la vraie question n'est pas le bon niveau théorique d'imposition mais la contrepartie, c’est-à-dire les choix de société qui vont avec. Aujourd'hui, une partie des Français payent trop d'impôts par rapport à des services publics dégradés ou inexistants. Une autre partie ne paye pas l'impôt, ou très marginalement, mais bénéficie de transferts importants. La question de l'équité et de l'efficacité est donc posée.
Nous sommes dans une situation paradoxale où l'État régalien n'a jamais été aussi affaibli - les dépenses d'administration sont passées de 10% du PIB en 1980 à 7% en 2023 - et où le sentiment d'étouffement fiscal n'a jamais été aussi fort - les prélèvements obligatoires représentaient en 2022, 48% du PIB.
Comment expliquer ce décalage ? Les transferts financiers concernent l'appui de l'État à l'économie (crédits d'impôts, subventions, etc…) et au modèle social (prise en charge d'allègements de cotisations) sont passés dans l'intervalle de 17% à 34% du PIB. La crise du modèle économique (chômage) et le vieillissement de la population sont passés par là.
La vraie question est donc quel modèle d'État voulons-nous, avec trois nœuds gordiens à trancher : premièrement, la place des dépenses de transfert par rapport aux dépenses d'administration dans le total des dépenses publiques ; deuxièmement, le mode d'intervention de l'État dans l'Economie; troisièmement, le mode de protection sociale.
«L'orthodoxie budgétaire ne suffira pas à régler les problèmes de la France»
