Arrêtons de mentir aux Français ! - Par Christelle Morançais et Agnès Verdier-Molinié

Alors que le gouvernement de François Bayrou n’arrive pas à réduire durablement les dépenses de l’État, Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire, et Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation IFRAP, démontrent qu’il est possible de le faire.


Impossible de réaliser des économies en France ? Allons donc : Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire, vient de faire voter son budget avec une réduction de 100 millions d’euros de dépenses. Une décision qui lui vaut de nombreuses critiques et caricatures. Avant elle, Laurent Wauquiez, en Auvergne-Rhône-Alpes, et Valérie Pécresse, en Île-de-France, avaient montré la voie.

De son côté, au niveau national, Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation IFRAP propose, dans son nouveau livre (Face au mur. Les solutions pour s’en sortir, Éditions de l’Observatoire), un plan de plus de 100 milliards pour redresser les comptes du pays. Deux femmes courageuses qui démontrent qu’avec des idées et de la volonté, la France peut réduire ses déficits.

LE FIGARO MAGAZINE. - Depuis cinquante ans, la France vote des budgets en déficit. Le pays a une dette de plus de 3 200 milliards d’euros. Agnès Verdier-Molinié, vous proposez dans votre dernier livre un plan de plus de 100 milliards d’économie. Comment y arrivez-vous quand le gouvernement de François Bayrou peine à baisser le déficit de 20 milliards entre 2024 et 2025 ?

AGNÈS VERDIER-MOLINIÉ –
Les mesures d’économies, de baisses d’impôts et de réformes que je propose ont été prises par d’autres pays et ont fait leurs preuves ! N’en déplaise à certains, il est possible de baisser la dépense publique en valeur, de réduire les doublons et les effectifs, de réduire le nombre d’agences publiques, de supprimer des normes, de prendre des mesures pour travailler plus et plus longtemps – donc de repousser l’âge de départ à la retraite. Et, bien sûr, de revoir la dépense sociale avec une allocation unique, plafonnée à 90 % du smic et délivrée par Bercy.

En fait, c’est le sujet de la dérive des dépenses qui doit être mis au cœur du débat public actuel. Et la folie fiscale qui doit être stoppée. Mais cela demande d’ouvrir la boîte de Pandore de l’utilisation de l’argent public comme on ne l’a jamais fait et de se poser la seule question qui vaille : comment dépenser moins pour de meilleurs services publics ? Nous sommes face au mur de la dette et il faut agir. C’est maintenant qu’il faut passer aux solutions pour s’en sortir. Dans Face au mur, je mets 50 propositions concrètes sur la table.

Justement, vous avez en face de vous une présidente de région qui vient de faire voter un budget avec 100 millions d’économies. Dans son plan, Agnès Verdier-Molinié évoque une baisse de 10 % de subventions aux associations. C’est un des éléments de votre plan. Comment avez-vous fait pour y arriver ?

CHRISTELLE MORANÇAIS –
Agnès Verdier-Molinié le dit à juste titre : les dirigeants responsables connaissent les solutions pour réduire la dette. La question n’est pas comment faire, mais a-t-on le courage de le faire ? Pour moi, réduire la dette est une nécessité absolue. Nous le devons à nos enfants. Depuis cinquante ans, nos comptes publics sont en déficit. J’ai pris le sujet à bras-le-corps dans ma région des Pays de la Loire ; je me suis retroussé les manches, j’ai pris le budget ligne à ligne, j’ai fait des choix et, surtout, je m’y suis tenue. Coûte que coûte. Ce n’est pas facile, car ce pays est shooté à la dépense publique, et ceux qui en vivent sont prêts à tout pour vous faire reculer. Mais je n’ai pas reculé. Je ne fais pas de la politique pour être aimée, mais pour être utile.

Arrêtons de mentir aux Français ! | Fondation IFRAP