Moins de social et plus de défense, un choix pour la France ? - Par Julien Damon

Dans le contexte très dégradé des finances publiques, comment porter l’effort de défense de 2 à 5 % du PIB quand la protection sociale en absorbe 33 % ?


Bénéficiaire depuis l'après-guerre des dividendes de la « Pax Americana », l'Europe voit surgir, avec le retournement géopolitique en cours, d'immenses défis. En France, la perturbation des circonstances bouscule l'État providence. Les deux systèmes de protection sociale et de défense font, en effet, face à des pressions monumentales.

Pour le premier, inquiet de sa soutenabilité, se profilent des déséquilibres financiers encore amplifiés tandis que demeurent des besoins insatisfaits. Le second, appelé à très significativement se renforcer, doit répondre aux menaces d'un monde transformé. Le premier pourrait être conduit à réduire la voilure afin que le second monte en puissance.

Emmanuel Macron souligne la nécessité d'un effort considérable en matière de défense. Il a évoqué le passage de 2 % à 5 % du produit intérieur brut (PIB) des dépenses militaires françaises. S'il y a renversement des alliances, en géopolitique, la réorientation des budgets publics serait un renversement majeur. Le complexe militaro-industriel regagnerait de l'ampleur par rapport au complexe bureaucratico-assistanciel.