François Diot: «Dans tous les pays où la légalisation du cannabis est une réalité, le crime organisé et le trafic de drogue ne diminuent pas»
Dans un rapport présenté ce lundi 17 février, les députés Antoine Léaument (LFI) et Ludovic Mendes (EPR) appellent à légaliser le cannabis. Une idée dangereuse avec laquelle les législateurs se feraient les idiots utiles des narcotrafiquants, estime le thérapeute addictologue François Diot.
François Diot est thérapeute, spécialiste des conduites addictives . Il a notamment dirigé un centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (Caarud), un centre d’aide pour les toxicomanes.
LE FIGARO. - Les députés Antoine Léaument (LFI) et Ludovic Mendes (EPR) ont proposé de légaliser le cannabis dans un rapport présenté à la commission des lois. Ils y affirment notamment que les personnes dépendantes auraient moins de mal à se tourner vers des médecins si la consommation était légalisée. Qu’en pensez-vous ?
François DIOT. - Ce raisonnement est intéressant car il montre à quel point nous sommes dans l’idéologie pure. Le « grand paradoxe français » consiste dans le fait de considérer que les toxicomanes ne sont que des victimes. Or, la loi de 1970 tente précisément d’échapper à cela et décrit les « usagers des drogues » comme des « malades », bien évidemment, mais aussi comme des « délinquants » – car détenteurs de substances illicites. Il ne s’agit pas de stigmatiser les personnes qui se droguent mais de prendre le problème à bras-le-corps.
D’autant que l’argument est absurde : les deux députés affirment que les personnes dépendantes auraient moins de mal à se tourner vers les médecins, mais en légalisant le cannabis, ils augmentent mécaniquement l’offre et donc la consommation. Ce rapport est surtout en contradiction avec le calendrier politique. Le député macroniste devrait avoir une position alignée avec les ministères de la Justice et de l’Intérieur. Car Bruno Retailleau comme Gérald Darmanin ont adopté une politique offensive dans la lutte contre le narcotrafic en considérant, à juste titre, qu’il fallait intégrer les consommateurs dans l’équation.
François DIOT. - Ce raisonnement est intéressant car il montre à quel point nous sommes dans l’idéologie pure. Le « grand paradoxe français » consiste dans le fait de considérer que les toxicomanes ne sont que des victimes. Or, la loi de 1970 tente précisément d’échapper à cela et décrit les « usagers des drogues » comme des « malades », bien évidemment, mais aussi comme des « délinquants » – car détenteurs de substances illicites. Il ne s’agit pas de stigmatiser les personnes qui se droguent mais de prendre le problème à bras-le-corps.
D’autant que l’argument est absurde : les deux députés affirment que les personnes dépendantes auraient moins de mal à se tourner vers les médecins, mais en légalisant le cannabis, ils augmentent mécaniquement l’offre et donc la consommation. Ce rapport est surtout en contradiction avec le calendrier politique. Le député macroniste devrait avoir une position alignée avec les ministères de la Justice et de l’Intérieur. Car Bruno Retailleau comme Gérald Darmanin ont adopté une politique offensive dans la lutte contre le narcotrafic en considérant, à juste titre, qu’il fallait intégrer les consommateurs dans l’équation.
François Diot: «Dans tous les pays où la légalisation du cannabis est une réalité, le crime organisé et le trafic de drogue ne diminuent pas»
"Est-ce que les personnes qui se droguent de manière récréative ont réellement besoin d’espaces pour acheter leur produit tranquillement, au détriment des plus fragiles, pour qui le danger est maximal ?"
