"A cultiver la haine de soi, on ne récolte que la haine des autres"
Valeurs actuelles. En 2017, Emmanuel Macron, alors candidat à la présidentielle déclarait sur une chaîne algérienne que la colonisation constituait un "crime contre l'humanité". En 2019, Emmanuel Macron président persiste et signe : le colonialisme a été "une faute de la République" a-t-il déclaré à Abidjan aux côtés du président ivoirien Alassane Ouattara. Celui qui faisait du juste milieu une vertu, ne s'embarrasse pas de nuances sur cette épineuse question de la colonisation. Cette lecture unilatérale des faits n'exacerbe-t-elle pas le complexe de repentance qui affecte la France depuis de nombreuses années ?
Bruno Retailleau. Cette récidive d’Emmanuel Macron traduit une vision pénitentielle de l’histoire de France qui, en réalité, est consubstantielle au progressisme. Pour ce dernier, le présent est moralement supérieur au passé, et la tâche des hommes de bien consiste à extirper le mal d’une histoire nationale qui, pour les progressistes, ne serait qu’une succession de crimes.
Ce mélange d’arrogance et d’ignorance n’est pas seulement faux sur le plan historique – la colonisation est un phénomène éminemment plus complexe que semble vouloir le croire Emmanuel Macron – mais il est également dangereux sur le plan civique. Car comment faire aimer la France aux nouveaux venus si l’on ne cesse d’exhiber des raisons de la détester, comme autant de tâches indélébiles sur le drapeau tricolore ? L’autoflagellation ne peut tenir lieu de politique d’intégration.
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