Les crues du Var sont-elles de plus en plus graves ?

Le Var a été récemment frappé par des pluies diluviennes qui ont fait déborder les rivières, faisant, hélas, des victimes. Sans rien vérifier, radios, télés, et journaux ont immédiatement pointé le responsable : le réchauffement climatique. La hausse des températures entraîne inéluctablement une augmentation rapide et considérable des évènements extrêmes, nous a-t-on répété. Pluies et crues ont dans le Var atteint des niveaux jamais vus hier, qui les ont rendues mortelles. Et cela sera bien pire demain.
Les crues, ça se mesure. Un forestier varois m’envoie la chronique des relevés des cinquante dernières années de la station de mesure Decapris, dans la vallée de Sauvebonne, sur le Real Martin, principal affluent du Gapeau, qui rassemble les eaux de l’un des deux principaux bassins versants du Var. Au cours d’une année, le niveau des eaux varie considérablement, de quelques centimètres l’été à (parfois) plus de 4 mètres l’hiver. Le 23 novembre 2019, il a atteint 4,04 mètres. Ce niveau est-il inédit ? S’inscrit-il dans une tendance forte et claire, comme on nous le répète. Pour le savoir, on a considéré la valeur maximale annuelle enregistrée pour chacune des années depuis 1971. Un demi-siècle constitue en effet une période assez longue pour faire apparaître la fameuse « aggravation rapide des phénomènes extrêmes causés par le changement climatique » dont on nous rebat les oreilles. Le graphique ci-après présente les résultats obtenus. Que montre-t-il ?