Médias : le règne des insipides est-il fatal ?
On a le droit de tout dire, de juger, de critiquer ou d'aimer. Parce qu'il s'agit de notre liberté et qu'il serait honteux de l'aliéner, notamment en se coulant dans le confort des dénonciations générales et abstraites, qui ne font courir aucun risque.
Mais à une double condition.
En acceptant la riposte.
En précisant bien que votre propre point de vue, aussi pertinent qu'il vous apparaisse, n'est que l'expression de la subjectivité du goût et de l'humeur. Nulle prétention, qui serait au demeurant absurde, à l'objectivité de l'appréciation.
J'éprouve le besoin de prendre ces précautions préliminaires parce que je suis trop habitué à l'aigreur de remarques qui me reprochent arrogance et vanité, alors que j'estime en être aux antipodes.
Cette réflexion sur les médias et le choix souvent discutable qu'ils opèrent en projetant la lumière sur tel ou telle m'est venue à la lecture d'un entretien éblouissant qu'a donné Edouard Baer au Figaro. Un feu d'artifice permanent. Non pas tant par un jeu sur les mots - ce qui est le plus facile quand le langage n'est pas une terre étrangère - mais grâce à la finesse et à la profondeur des réponses qui sur tous les sujets évoqués apportent quelque chose qui n'a pas encore été DIT.
Des aperçus qui me touchent égoïstement, parce qu'ils me permettent d'entretenir une complicité avec cette personnalité aux talents divers, que je ne connais pas.
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