Pour une écologie résolument conservatrice
Jamais, autant que la nôtre, une civilisation (stade de la déchéance d’une société, selon Oswald Spengler) n’aura été autant saturée par l’écologie, concept fourre-tout mêlant aussi bien l’environnement au sens large, le biotope ou les écosystèmes correspondants que le développement dit « durable » – au prix d’un dévoiement absolu d’une notion empruntée en grande partie au champ économique –, la confusion des deux masquant difficilement le dessein mercantile de cet opportun capitalisme vert – à l’heure où, paradoxalement, le paradigme capitaliste essuie un feu nourri de critiques les plus radicales.
Si l’on s’en tient à l’écologie conçue comme la science (ou le comportement, dans une perspective plus sociologique) qui appréhende le vivant dans sa totalité comme dans ses relations intra-spécifiques et avec son milieu, il est patent qu’une telle approche tendrait à récuser d’emblée son surgeon que l’on appelle l’écologie politique. Celle-ci apparaît d’autant plus aberrante qu’une écologie authentique, pour être parfaitement comprise dans ses finalités, ne peut faire longtemps l’économie d’un recours méthodologique à l’éthologie.
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