Maxime Tandonnet : « Entre la nation et sa classe dirigeante, une guerre civile froide »

Ce n’est plus un fossé, mais un abîme, un gouffre. Avec la crise sociale, d’une gravité sans précédent depuis décembre 1995, succédant à plusieurs mois du mouvement des Gilets Jaunes, la guerre civile froide entre la nation et la classe dirigeante atteint son paroxysme. Le contenu de la réforme des retraites, dans ses aspects économiques, sociaux et juridiques, n’est plus l’essentiel. La crise est devenue politique, passionnelle. De sondages en sondages, il se confirme que plus des deux tiers de la population soutiennent les grévistes. Cette dernière ne combat pas pour l’essentiel, la modification d’un régime social. Elle est entrée en rébellion contre une décision emblématique de la fracture démocratique, qu’elle ressent majoritairement comme un affront, une humiliation, imposée par une équipe dirigeante hors sol et une remise en cause du pacte social.
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