La femme supérieure à l’homme ?


Obama se veut modéré : les femmes ne sont pas parfaites, concède-t-il. Mais on ne saurait apparemment contester leur supériorité.

Féminisme

Comment réagir devant cela ? Ceux qui veulent bien paraître en société applaudissent immédiatement, au cas où on les regarderait. Dans une époque où le néoféminisme est devenu une forme d’idéologie obligatoire, mieux vaut s’agenouiller dès qu’on l’évoque.
Si l’on ne veut pas avoir mauvaise réputation dans les médias, mieux vaut ne pas s’y montrer trop réfractaire. Il faut même s’y rallier de manière ostentatoire.
Pourtant, pour peu qu’on la prenne au sérieux, cette affirmation d’Obama est d’une violence symbolique renversante. Car formulons autrement ce qu’il dit : si la femme est supérieure à l’homme, c’est que l’homme lui est inférieur. Si la femme vaut mieux que l’homme, c’est que l’homme vaut moins que la femme.
C’est une pure question de logique.
Et apparemment, l’ancien président américain peut dire cela sans créer de tempête, sans qu’on le lui reproche.
Si les mots veulent encore dire quelque chose, comment ne pas voir là une manifestation relevant purement et simplement du sexisme ? Qu’il s’agisse d’un sexisme à l’avantage des femmes plutôt que des hommes ne change rien à l’affaire.
Au cœur de l’idéal démocratique de notre temps, on croyait trouver le principe de l’égalité entre les sexes. Doit-on comprendre qu’il est dépassé, révolu, démodé ?
Imaginons un seul instant si Donald Trump expliquait que selon lui, les femmes ne doivent surtout pas accéder au pouvoir parce qu’elles déstabiliseraient le monde et le fragiliseraient. Nous serions tous scandalisés par une semblable déclaration. On l’accuserait d’inférioriser la moitié de l’humanité et de tenir un discours haineux. On exigerait non seulement des excuses, mais sa démission.

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