La tyrannie des privilégiés ou à quoi sert encore la démocratie ?
« Je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu’en matière de gouvernement la majorité d’un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l’origine de tous les pouvoirs », écrit Tocqueville dans De la démocratie en Amérique. Il se méfiait de l’omnipotence de la majorité, de sa tyrannie et du manque d’attention dont pourraient souffrir les « membres de la minorité ». L’évolution politique de l’Amérique a montré que les pouvoirs ont su s’équilibrer et que nulle part ailleurs la société civile n’est aussi forte et bien représentée que là-bas. En France, on n’est jamais arrivé à un tel équilibre. Il n’y a pas de tyrannie de la majorité mais une tyrannie des privilégiés et des moins représentés.
On peut être critique avec le gouvernement en place. L’IREF l’a souvent été et l’est plus que jamais au sujet de cette réforme des retraites, que nous jugeons dangereuse. Nous sommes parmi les seuls à le dire. Néanmoins, nous respectons les élections et la loi. Nos adversaires au pouvoir ont été élus et ceux qui les contestent n’ont aucun droit de bloquer le pays. Nous vivons en France ce paradoxe d’un Etat omnipotent et impuissant à la fois, un Etat qui phagocyte plus de la moitié des richesses, qui est champion du monde des prélèvements obligatoires, tout en étant incapable de mener à bien une réforme importante. Cela s’est vérifié sous Chirac, Sarkozy et nous assistons au même phénomène aujourd’hui.
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